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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 20:30

nocturne pour instruments diversQuand Claude Mesplède lui-même dit : « Laurent Fétis, jeune auteur dont les productions se font malheureusement trop rares, figure parmi les plus doués de sa génération. », forcément, ça interpelle. Voici son dernier roman en date.

Nous sommes en 1995. Jean-François Langley, dit Jef, est journaliste chez Babel, un journal hebdomadaire français depuis cinq ans. Il sort d’une année traumatisante, où, il a passé deux en internement et où il s’est séparé de Esther, sa compagne depuis sept ans. Simplement, son rédacteur en chef voudrait qu’il sorte quelque chose, alors il le pousse un peu. Et pourquoi pas ne pas reprendre l’enquête qu’il a résolue un an plus tôt à New York, celle-là même qui l’a plongé directement en enfer, et dont il ne s’est pas remis.

En effet, un an plus tôt, aidé de son ami policier Camara, il a enquêté sur une affaire qui concernait la disparition de plus d’une vingtaine d’enfants des bas quartiers de la Grande Pomme en moins d’un an. Comme ce n’était pas la priorité de la mairie, Camara a volontiers confié cette enquête à son ami, et Jef a réussi à la résoudre au prix de sa santé mentale.

Quelle abomination a-t-il découvert en 1994 ? Jef, aidé par un jeune photographe Xavier, va replonger dans l’enfer, le sien, et découvrir des choses dont il n’aurait même imaginé. D’autant plus que Camara a démissionné et disparu sans laisser d’adresse, en notant dans le dossier une incohérence : Lors de la perquisition, ils ont découvert des médicaments aphrodisiaques masculins, mais aussi exclusivement féminins. Le tueur en série qui s’attaque aux mineurs des bas fonds avait-il une complice ?

Quand j’ai attaqué ce livre, j’ai eu peur des scènes gore, que je n’aime pas, mais alors pas du tout. Puis, j’ai eu peur de la narration à la troisième personne du singulier des premières pages. Et dès la page 25, j’étais pris dans les filets de Laurent Fétis. C’est tout proprement hallucinant de se faire happer comme cela, et c’est ce que j’adore quand un thriller (ou page turner) est bien fait. Là, c’est tout simplement du grand art. Et ne cherchez pas une once d’espoir, un brin de lumière dans ce roman, tout y est noir et glauque à souhait.

Tout dans ce roman est parfaitement justifié. De la profondeur de la psychologie de Jef, à son refus de replonger dans ce cauchemar, de la construction du livre qui alterne entre 1994 et 1995 au changement de narrateur (3ème personne pour 1994 et 1ère personne pour 1995), tout est fait pour nous immerger dans ce monde noir à l’extrême. Et cette construction semble faite pour montrer le mur, la distance que Jef veut mettre par rapport à ce passé récent.

Et que dire de l’intrigue, où tout y est construit par petits morceaux, avec de petites briques et le style aide beaucoup. Comme Jef est un très bon journaliste, il s’attache à tous les petits détails. C’est ce qui justifie cette pléthore de descriptions qui ne sont pas lassantes mais m’ont permis de rentrer dans la tête du journaliste. Au bout du compte, je me suis laissé prendre au jeu, emmené par le raisonnement, voyant par les yeux de Jef, ressentant ses émotions, sentant les odeurs de pourriture des bas fonds, entendant tous les bruits des nuits de New York. Et il est inutile de préciser que l’on a droit à une belle galerie de déjantés, pédophiles, zoophiles, nécrophages ou carnivores et cannibales.

Le terme qui me vient naturellement à l’esprit, c’est : impressionnant. Et, malgré un final flamboyant mais qui m’a personnellement laissé sur ma faim car obliquant vers du fantastique, j’ai été épaté par le talent que nous montre Laurent Fétis. C’est un roman que j’ai lu extrêmement vite, c’est un signe, sans jamais ressentir de lassitude, bien que cela soit parfois éprouvant, un vrai voyage en enfer.

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Published by Pierre faverolle - dans 2011
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commentaires

holden 17/03/2011 16:11


par contre c'est un one shot ou il y a un autre livre avant ?

non je recios assez de sp, faut que je vole des livres de temsp en temps sinonje ped ma main

ah je plaisante


Pierre faverolle 17/03/2011 16:53



C'est un one shot, et il y a peu de chances qu'il y ait une suite ... vu la fin. Ah ! je te nargue !


A binetôt



holden 17/03/2011 15:45


j'aaaaaaaaaaacccccccccchhhhhhhhhhhhhhhhhheeeeeeeeeeeeeeeeeeettte
susciteur d'envie ^^


Pierre faverolle 17/03/2011 16:09



Salut Holden, euh ............ désolé !!!!!!!!!!!!!



Richard 17/03/2011 13:43


Un auteur qui m'est inconnu (un autre !!!), une recommandation de ta part (une autre ... ;-) et une pile de livres qui augmente à chacune de mes visites chez toi ...
Merci pour cette découverte.
Amitiés


Pierre faverolle 17/03/2011 14:17



Salut Richard, c'est aussi une découverte pour moi. et vais acquérir Industrielle romance que l'on m'a gentiment conseillé


A bientôt



bruno 17/03/2011 08:15


MDR! Désolé Pierre pour la confusion !!! Promis je n'avais consommé de substances hallucinogènes quand j'ai laissé mon petit commentaire !:)


Pierre faverolle 17/03/2011 12:56



Je m'étais reconnu ! C'était du cognac, alors ?



Bruno 16/03/2011 21:37


Mon cher Paul, je crois que je vais aller chez mon libraire et me déclarer, à la lecture de ton billet, comme victime volontaire de ce romancier-pêcheur que je ne connais pas encore, en espérant
qu'il me remonte dans ses filets !


Pierre faverolle 17/03/2011 06:28



Salut Bruno, tout d'abord, moi c'est Pierre mais ce n'est pas grave ! Enfin, tu peux y aller franchement. Laurent Fétis est très doué. Plaisir garanti pour ce roman très noir


A bientôt



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