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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 19:30

Mauvaise année pour MikiLa découverte de nouveaux auteurs donne parfois lieu à des rencontres originales, inédites et insolites. C’est un peu le sentiment qui me vient à l’esprit à l’occasion de la lecture de ce Mauvaise année pour Miki de José Ovejero.

« 2001 fut une mauvaise année pour Miki ». Ainsi commence ce roman qui nous présente une année de la vie de Miki, 43 ans, marié à Verena et père d’un adolescent qui se prénomme Boris. Etant expert financier, il passe beaucoup de temps sur son ordinateur à spéculer en bourse, écrit quelques articles pour des revues spécialisées dans la finance et anime une émission dans une radio locale.

Dès le début de l’année, Boris se tue dans un accident de voiture alors que les quatre autres passagers s’en sortent indemnes. Au mois de mars, c’est Verena qui est retrouvée morte dans un parc, violée et étranglée. Miki va alors se renfermer sur lui-même, ne sortant que rarement, faisant installer des caméras et refusant de répondre au téléphone.

Singulier, étrange, voila les adjectifs qui me viennent naturellement à l’évocation de ce roman. Si le sujet ressemble à celui d’un roman policier, c’est plutôt le portrait d’un homme auquel on a à faire ici. Un homme qui n’est pas fou de douleur, mais qui se retrouve déraciné, et qui se laisse aller à ses pulsions. Comme il est d’un naturel taciturne et peu avenant, il va naturellement se recroqueviller dans sa coquille, filtrant les appels téléphoniques avec son répondeur.

Et comme les gens vont petit à petit s’éloigner, comme la police va lui donner très peu d’indices sur les explications de la mort de sa famille, son penchant naturel va prendre le dessus, jusqu’à en faire une bête terrée dans son antre. C’est donc le portrait d’un homme vide, amoral, dénué de sentiments que l’on va suivre dans ses actes et ses exactions.

Si l’écriture est fluide et agréable, j’avoue que l’auteur m’a déconcerté par son style froid et clinique, lisse et linéaire. Il n’est pas question ici de juger quelqu’un, mais de montrer l’itinéraire d’un homme vide, cloué devant son ordinateur et ses films pornos. Cela en fait un roman résolument inclassable et original.

 

 

 

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Published by Pierre faverolle - dans 2011
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Claude LE NOCHER 20/10/2011 20:25


Salut Pierre
Au début, la "distance" que prend Miki envers son environnement n'est pas si dérangeante (on l'envie presque d'en être capable). C'est ensuite sa froideur en toutes circonstances (y compris dans la
séduction) qui montre le fond de son caractère. J'avoue que ce "vide", pas exactement cynique mais terriblement insensible, est très bien rendu. Beaucoup aimé.
Amitiés.


Pierre faverolle 20/10/2011 21:46



Salut Claude, j'ai trouvé ce roman étrange et parfois dérangeant. La psychologie du personnage associée au style froid en fait un roman particulier qui nous montre l'importance des sentiments.
Peut-être y avait il de quoi faire 2 romans : un sur l'insesibilité et un sur le monde virtuel qui nous éloigne de l'homme.J'aurais pu ajouter cela dans mon article, tiens !


A bientôt



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