Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 20:52

Lune captive dans un oeil mort Voici donc Le livre que j’ai proposé pour la lecture commune ouverte à tous. D’ailleurs, c’est l’occasion de remercier tous les participants, puisque nous avons battu un record : nous sommes 13 volontaires.
LES CONVIVIALES, L’EXPERT DES RESIDENCES SENIORS : Les Conviviales, c’est un nouveau concept de vie pour les retraités qui ont choisi de vivre une retraite active au soleil… en quelques mots, Les Conviviales, c’est : UNE RESIDENCE CLOTUREE ET SECURISEE.
Ainsi commence ce roman de Pascal Garnier. Une publicité pour cette résidence formidable pour les seniors qui veulent vivre tranquillement leur retraite. Les deux premiers habitants s’appellent Odette et Martial Sudre, et ils débarquent en plein hiver, dans le froid et la pluie. A part M. Flesh, le gardien bizarre et peu amène, ils ne vont voir personne avant le printemps.
Au mois de mars débarque un nouveau couple, Maxime et Marlène Node. Les Sudre sont évidemment ravis d’avoir enfin des voisins avec qui discuter ou faire des activités. Puis arrive une femme seule, Léa. Tout ce petit monde va vivre reclus, et petit à petit, les failles vont apparaître, le voisinage obligatoire va mener à un drame que personne n’aurait pu prévoir.
C’est un sacré huis clos auquel nous a convié Pascal Garnier. Les personnages sont très bien dessinés et chacun aspire à un peu de tranquillité, à s’éloigner du monde des actifs pour profiter de la dernière période de leur vie. Il y a Martial l’introverti, Odette l’hyper active organisatrice, Maxime qui se cache derrière son sourire Ultra Brite, Marlène qui survit avec son drame personnel, et Lea qui souffre de périodes d’absence. Il n’y a pas d’esbroufe, pas de scènes spectaculaire, juste une histoire simple et noire racontée avec finesse.
Ce roman est un pur plaisir au niveau du style, alliant à la fois une efficacité hors norme, avec le bon adjectif pour décrire un lieu ou une ambiance, et une poésie dans des descriptions qui, une fois lues nous paraissent évidentes. Mais toujours, pointe le nez du cynisme, de la noirceur des âmes, car finalement, l’homme reste finalement un homme, et même si l’enfer c’est les autres, le plaisir ou la délivrance vient de l’élimination de celui qui est différent.
D’ailleurs, ce roman démarre très fort avec une préface écrite pour l’occasion par Monsieur le Maître, j’ai nommé Jean Bernard Pouy. Toute en finesse, en respect, en tristesse aussi puisque l’auteur a disparu en 2010, celle-ci nous montre que Pascal Garnier est un auteur indispensable et tellement différent, et qu’il manque au paysage romanesque noir français.
Monsieur Garnier, de là-haut, comme notre monde doit toujours vous sembler aussi risible qu’avant, je n’ai jamais lu de roman de vous et quelle erreur j’ai pu commettre. Je vous le promets, nous nous retrouverons bientôt.

Par Pierre faverolle - Publié dans : 2012 - Communauté : Culture Polar
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