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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 21:24

L’année dernière, j’avais été enthousiasmé par Les feuilles mortes de Thomas H. Cook, au point de la classer parmi les trois meilleurs livres que j’avais lus. Alors, évidemment, je ne pouvais pas rater celui-ci.

David Sears est un petit avocat civil de province. Il est marié à Abby, a une fille Patty. Il porte en lui le poids d’une éducation sévère et stricte que lui a donné son père, qui était paranoïaque et schizophrène. Mais il s’en est sorti, alors que sa sœur Diana présente les mêmes symptômes. Dans ce petit environnement familial, surgit un drame : Le fils de Diana, Jason, se noie dans un étang proche de leur maison. Diana voit son environnement exploser : Mark son mari la quitte et elle a du mal à faire face à ce deuil. Alors elle met en doute les conclusions du juge et pense que son fils a été assassiné. David qui est le narrateur de cette histoire va enquêter sur la mort de Jason, après que Diana commence à avoir une influence inquiétante sur sa fille.

A nouveau, Thomas H. Cook analyse les liens familiaux, les relations humaines, les actes, et les interprétations que l’on peut en faire. Mais par rapport à son précédent roman, il ajoute un thème qui est le poids de l’éducation sur la vie des gens. David doit-il avoir confiance en sa propre sœur ? Ou bien souffre-t-elle de la même maladie mentale que son père ? Et pendant tout le livre, on oscille entre ces deux questions. Car jamais, il ne nous donne de réponses. Cook est très doué pour distiller de petits indices pour nous emmener exactement où il veut. Et on ne sait jamais comment cela peut se terminer.

C’est aussi les liens entre le frère et la sœur. Elle est un génie qui a stoppé ses études pour garder leur père jusqu’à sa mort, lui s’est « permis » de finir ses études pour devenir avocat. Mais il n’est jamais devenu ni brillant, ni génial. Diana, elle, malgré son manque de diplômes , est toujours restée un cran au dessus de David. Le fait que Jason ait été considéré comme « arriéré » par son propre père a déclenché une tempête dans le cerveau de Diana.

La construction du roman aide à la progression de cette intrigue psychologique. Les chapitres alternent entre la narration de David à la première personne, et l’interrogatoire de David par un inspecteur de police. Cela nous donne l’impression d’avoir la déposition d’un témoin. Et plus on avance dans le roman, plus on se dit que l’on n’a qu’une seule version des événements. Ce choix de construction narrative est diabolique car il permet à Thomas H. Cook de nous manipuler.

N’attendez pas un roman d’action. C’est un roman d’ambiance poisseuse, où l’auteur s’amuse avec ses personnages. L’atmosphère est lourde, pesante, et comme c’est un témoignage, ou un interrogatoire, il n’y a pas de grandes descriptions, juste les impressions du narrateur. Le rythme est lent, comme les souvenirs qui vous reviennent les uns après les autres à la mémoire.

Voilà donc un très bon roman, que je pense être un cran en dessous des feuilles mortes, car il y avait une progression dans le doute qu’il n’y a pas ici. Ne faisons pas de comparaison entre les deux romans qui n’ont rien à voir. Le précédent était excellent, celui-ci est très bon. Thomas H. Cook, un auteur à part, assurément, avec un vrai univers à lui. Entrez donc le visiter, vous ne serez pas déçu.

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commentaires

Anjelica 26/01/2010 11:39


J'ai également beaucoup aimé 'les feuilles mortes'. Quand à celui-ci, je l'ai également apprécié mais il reste un cran en dessous.


Pierre faverolle 26/01/2010 16:12


Il semblerait que l'on soit d'accord sur tout


cynic63 01/12/2009 10:02


Chouette papier, surtout pour Cook. Si je partage ton avis sur beaucoup de points, je n'ai pas réussi à m'enthousiasmer plus que ça pour ce roman. Si les diverses thématiques sont, effectivement,
intéressantes, j'ai trouvé que le style était un peu "forcé" par moments. Mais, je lirai "Les feuilles mortes" tant tout le monde s'accorde sur sa qualité


Pierre faverolle 02/12/2009 08:37


Je n'ai pas eu cette sensation, pour le style "forcé". Et je comprends ce que tu veux dire, j'ai plutot pris cela dans le sens positif, c'est à dire que le narrateur étant devant un flic, et devant
raconter une histoire complexe car basée sur des sentiments très personnels (car familiaux), il se sent obligé d'en rajouter. A propos des Feuilles Mortes, si tu ne l'as pas (encore) lu, jette toi
dessus. La façon de mener le lecteur à s'identifier au narrateur fait monter le doute du début à la fin jusqu'au dénouement final. Un chef d'oeuvre ou presque. C'était un des meilleurs bouquins que
j'aie lu l'année dernière.


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