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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 21:18

Après avoir lu les avis chez mes collègues blogueurs, je l’avais mis dans ma liste de livres à dévorer. Le fait qu’il soit retenu dans la sélection automnale de Polar SNCF m’a motivé pour le lire dès à présent.

Pierre Vilar est commandant de police à Bordeaux. Victor est un garçon de 10 ans dont la mère a été assassinée. Les deux personnages principaux ont vécu un drame dont ils ne se remettent pas, dont ils ne se remettront jamais : Vilar a perdu son fils, Pablo, enlevé à la sortie de l’école depuis plus de cinq ans et Victor a découvert sa mère, gisant dans un bain de sang dans sa chambre. Vilar va enquêter sur le meurtre de la mère de Victor, qui lui va être placé dans une famille d’accueil. Les deux affaires vont se rejoindre bien vite au travers d’un tueur qui joue avec la vie de Vilar et Victor.

Sur la quatrième de couverture, il y est fait mention d’une atmosphère à la Robin Cook. Eh bien, on n’en est pas loin. L’ambiance est noire, opaque, sale. Le sujet est glauque. Et les personnages déprimés au possible. Ici, on est dans le Noir, le vrai, le pur. Et dans la nuit ambiante, pas une petite lueur. L’ambiance est aux pleurs, aux cicatrices qui ne se referment pas, aux regrets d’être arrivé trop tard, d’avoir manqué un moment important, aux conséquences mortelles.

Les deux personnages ont une force en commun. Malgré les moments de découragement, ils redressent toujours la tête. Ils sont blessés par les événements de leur vie, mais refusent de se laisser abattre un peu plus. S’ils sont tous les deux passionnants d’un point de vue psychologique, j’ai trouvé personnellement que Vilar était plus intéressant à suivre, et que l’histoire de Victor était par moments accessoire par rapport au déroulement général du roman. Le fait qu’un chapitre leur soit comparé à tour de rôle est classique et j’avais hâte de passer certains chapitres de Victor. D’ailleurs, je n’ai pas trouvé de logique ou de relation entre les chapitres Vilar et les chapitres Victor. Serais-je passé à coté de quelque chose ?

L’écriture est vraiment agréable, regorgeant de descriptions, d’adjectifs. On est dans un style très détaillé, faisant part égale entre description des lieux ou de l’environnement et les états d’ame des personnages. J’ai regretté qu’il n’y ait pas de personnages secondaires plus marquants, car Hervé Le Corre met en avant ses deux protagonistes. Par contre, on a parfois droit à des passages d’une noirceur comme j’en ai rarement lu récemment. En cela, on se rapproche de Robin Cook. Et parfois, on a droit à des phrases interminables, faisant dix lignes (je n’exagère pas) qui nous laissent à bout de souffle mais qui ralentissent le rythme, le rendant poisseux. Je dirai que l’on oscille entre le brillant et le le lassant (mais très peu, je vous rassure).

Mais c’est le sujet qui me restera en mémoire, c’est toute cette violence dirigée contre des petits êtres innocents. Et tous les gens qui gravitent autour, pour qui c’est normal. C’est la révolte de Vilar contre le système, qui se débat avec les armes qu’il a, quitte à faire bande à part, en solitaire, comme un loup à la recherche de son louveteau. Et ce qui m’a choqué, c’est l’indifférence générale, la normalité devant des actes atroces que Hervé Le Corre dénonce. Tout le monde s’en fout des cœurs déchiquetés. La société qu’il nous peint est bien moche, son trait est sans concession, et il laisse passer de bien désagréables frissons dans le dos.

Si je dois encore en rajouter pour vous donner envie de lire ce livre, allez chez un libraire et lisez les six premières pages qui constituent le prologue. Elles sont noires à souhait et donnent le ton du roman.

D’innombrables avis sont disponibles sur internet dont ceux de mes collègues  Jean marc , Hannibal , et Jean Claude .

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Published by Pierre faverolle - dans 2009
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commentaires

jean-claude Ramdam 16/12/2009 21:50


Pour Nicolas, voila ce que l'on peut trouver en bouquins de Le Corre:
Aux éditions Pleine page- trois de chutes qui reprend 3 livres écrits entre 1990 et 1996 à savoir: la douleur des morts- du sable dans la bouche- les effarés.
Aux éditions atelier in 8 Tango parano
Dans la série noire: Copyright. Trois de chutes est trouvable dans toutes les librairies...ou presque! 600 pages de Le Corre et pour une somme modique, elle est pas belle la vie?


Pierre faverolle 17/12/2009 09:48


Merci de la précision. J'ai tout mis sur ma liste d'achat. Père Noel, si tu me lis


Nicolas 07/11/2009 12:13


merci
tu as les titres ?


Pierre faverolle 07/11/2009 17:59


J'ai trouvé dans l'ancienne série noire de Gallimard : Les effarés, Copyright, Du sable dans la bouche. Chez d'autres éditeurs, Tango parano et la douleur des morts.


Nicolas 07/11/2009 09:30


Très intense en effet !

ça m'a donné envie de lire le précédent, au très beau titre, L'Homme aux lèvres de saphir, chez Rivages et je crois que je préfère ce dernier; l'atmosphère déliquescente du Paris fin XIXème est
parfaitement suggérée, le travail sur les dialogues est phénoménal et l'arrière-plan littéraire de l'intrigue me plaît beaucoup

Hervé Le Corre semble avoir écrit d'autres bouquins, mais je n'arrive pas à les trouver !


Pierre faverolle 07/11/2009 11:10


J'ai l'homme aux lèvres de saphir dans ma bibliothèque, puisque je collectionne les Rivages Noir. Mais je ne l'ai pas encore lu ! J'en ai tellement ! Pour les autres bouquins de Hervé Le Corre,
essaie Priceminister, les livres sont d'occasion mais ils y sont. Sinon, en commande, tu devrais pouvoir trouver dans toutes les grandes surfaces littéraires (FNAC, Virgin, Cultura et autres ...)


cynic63 06/11/2009 18:11


Oups: je déteste (enfin pas tout à fait quand même) Ellroy...Et en ce moment, vu le temps et le dernier livre dont j'ai parlé, j'ai envie de quelque chose de "délirant", de "déjanté", qui me fasse
décoller...Donc un bon vieux Ken Bruen me conviendra parfaitement...Allez je file, j'ai concert ce soir et demain rencontre avec Craig Johnson. Ca promet...@+


Pierre faverolle 06/11/2009 20:47


Bonne soirée, bon week end. A bientot


cynic63 06/11/2009 18:03


Je voulais juste dire que, contrairement à beaucoup, même si c'est "noir total", Ken Bruen ne parvient jamais à me déprimer. Bizarre, mais il me mettrait plutôt la frite...Et je le tiens comme un
des plus grands aujourd'hui. Avec, entre autres, David Peace, mais là par contre, lui me fiche un de ces bourdons...


Pierre faverolle 06/11/2009 18:07


Apparemment, on a les mêmes gouts. Avec Ellroy tout de même ! En ce qui me concerne, Bruen me fait passer par beaucoup d'états d'ame, mais effectivement pas la déprime. La fin du Dramaturge m'a
horrifié par exemple.


cynic63 06/11/2009 16:59


Intéressant ce papier. Mais je vais peut-être attendre un peu avant de lire quelque chose d'aussi marquant. Tiens, un peu de ken Bruen en attendant!!!!


Pierre faverolle 06/11/2009 17:58


Le dernier Bruen est différent, et un cran au dessus. Mais Le Corre a fait fort avec ce bouquin. Quelques longueurs, mais au final un livre marquant.


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