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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 19:30

Brumes-du-passe.jpgVoici une nouvelle lecture dans le cadre de Meilleurpolar.com organisé par les éditions Points. Si je connais Leonardo Padura pour en avoir quelques uns qui traînent, je n’avais jamais lu de roman de cet auteur cubain.

Mario Conde a quitté la police et s’est reconverti en bouquiniste, à la recherche de romans qu’il vendra à des libraires cubains ou américains. Son immense érudition dans le domaine littéraire lui permet de mettre une valeur sur chaque livre qu’il découvre. Comme Cuba traverse une crise sans précédent, amenant la famine dans les familles, le Conde arpente les villas luxueuses à la recherche de la perle rare.

Mario Conde débarque par hasard chez Dionisio et Amalia Ferrero. Il doit estimer la valeur de leur bibliothèque. Ceux-ci pâtissent de la crise et n’ont plus rien à manger. Le Conde apprend que la maison appartient en fait aux Montes de Oca, et qu’ils attendent des nouvelles d’un des héritiers. Le Conde est ébahi devant la valeur de ces livres. Il les classera en trois types : ceux qui ont peu de valeur, ceux qui ont une grande valeur et ceux qu’il ne faudrait pas vendre car ils sont inestimables.

Puis, entre deux volumes, Le Conde trouve la photographie d’une femme, Violeta del Rio. Cette femme était chanteuse de boléro dans les années 50, et n’a enregistré qu’un seul disque. Le Conde va chercher à en savoir plus sur cette femme, tomber sous le charme de cette voix sensuelle et désabusée, jusqu’à être prêt à laisser tomber cette impossible quête. C’est alors que Dionisio est assassiné.

Ce roman est extraordinaire ! Et pourtant, j’ai bien failli l’abandonner vers sa moitié. Mais laissez moi m’expliquer. Le roman est découpé en deux parties, comme deux faces de disques. D’ailleurs, les titres des 2 parties sont les 2 titres des chansons enregistrées par Violetta. Cette partie concerne la quête de Conde vers un passé florissant et argenté et comporte de nombreux passages sur les livres de la bibliothèque. Et j’ai trouvé cela un peu lourd, ces descriptions de plusieurs pages sur les titres de romans introuvables, avec leurs années d’édition et leur éditeur.

Et puis je suis arrivé dans la deuxième partie. Et là, je comprends tout dans la construction du roman et dans la démonstration de Leonardo Padura. Du strass de la première partie, on découvre que derrière, c’était un peu moins joli, que la révolution est passé par là, avec ses promesses, mais que ce n’est pas mieux, et que comme avant, il y a les riches et ceux qui crèvent de faim.

Mais surtout, il y a dans cette deuxième partie tout une sensibilité que je n’ai pas forcément ressentie, cette nonchalance, cette tristesse, ce sentiment que quoi que l’on fasse, le pays continue son chemin sans plus se soucier de ses ouailles. Il y a ce portrait du Conde qui, à l’image de son pays abandonné par L’URSS qui implose, se retrouve abandonné, seul, refusant toute lueur d’espoir, parce que à quoi cela peut-il bien servir ? Clairement, les dernières pages m’ont fait pleurer, et c’est bête quand on lit ça sur une plage de vacances. Alors, je vous le dis : la lecture de ce livre est exigeante, elle se mérite, mais à la fin, quelle récompense !.

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Published by Pierre faverolle - dans 2011
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commentaires

Claude Le Nocher 03/10/2011 20:25


Salut Pierre
Faut que j'le relise, faut que j'le relise... J'explique : lu après "Adios Hemingway", je n'avais pas pris le temps de savourer celui-ci. Faut que j'le relise, faut que j'le relise...
Amitiés.


Pierre faverolle 03/10/2011 20:40



Salut Claude, une 1ère partie qui ne m'a pas enchanté, une deuxième éblouissante. A relire, effectivement !


Amitiés & à bientôt



La petite souris 02/10/2011 22:41


j'avoue avec un faible pour tout ce qui est hispano latino ! Padura, Arriaga, Muñoz Molina, autant d'auteur qu'on peut acheter quasiment les yeux fermés !!


Pierre faverolle 03/10/2011 06:40



Emouvant, comme une musique de jazz douce. J'ai tout de même failli l'arrêter dans sa 1ère partie mais j'ai bien fait d'insister



mimipinson 02/10/2011 22:35


Je n'ai pas pu aller au delà des 100 premières pages, la nonchalance antillaise n'a aucun impact sur moi. J'ai trouvé ce livre, ou du moins ce que j'en ai lu, ennuyeux à mourir, terriblement lent
pour un policier, et sans rien d'engageant...
Bref, un style de policier qui ne me convient pas du tout


Pierre faverolle 03/10/2011 06:38



Salut mimipinson, j'ai trouvé cela lent comme toi, j'ai failli l'arrêter mais à partir de la deuxième partie, ça devient brillant. Tu devrait peut être le commencer du milieu.


A bientôt



benoit 29/09/2011 16:53


merci pour ce billet qui me donne envie de retourner lire Leonardo Padura que j'avais laissé tomber depuis quelques années ; ces brumes sont très attirantes


Pierre faverolle 29/09/2011 20:43



Salut Benoit, les abonnés auront bénéficié d'une erreur de manipulation de ma part. Ce billet sortira donc ce dimanche ! Pour en revenir au livre, c'était mon premier, et bien que j'aie eu un peu
de mal au début, la deuxième partie reste un excellent plaisir. Finalement, j'y reviendrais, aux oeuvres de Leonardo Padura.


A bientôt



gridou 29/09/2011 11:56


ouf !!! me voici rassurée...c'est un repere important pour moi ces jours de publication !


Pierre faverolle 29/09/2011 13:13



Promis, le même article sera en ligne dimanche



gridou 29/09/2011 11:37


Mais c'est pas vendredi ?! tout fout le camp...
Pas encore testé Padura, mais il est dans la liste :)


Pierre faverolle 29/09/2011 11:53



Erreur de manipulation ! L'article devrait reparaitre bientôt



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