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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 17:54

Ma foi, cette proposition de lecture commune ne fut pas une réussite. Le style et le rythme de cette intrigue ont eu raison des volontaires qui se sont lancés dans cette aventure. Je vous laisse apprécier les avis qui sont, comme d’habitude, argumentés et valent le coup d’être lus.

 

Anges déchusLystig de L’oiseau Lyre :

Qu'en dire de plus ? J'aime ! J'y retrouve tout ce qui me plaît dans les polars de froid : une enquête sans rebondissement à chaque chapitre, un héros solitaire, porté sur la boisson, pas forcément bien peigné (tiens, cela me rappelle un certain héros de Millénium) (et pas la peine de me rappeler que je n'ai jamais chroniqué cette série suédoise) et là, en plus, une touche d'enfance, qui me permet de découvrir la Norvège, pays que je rêve de découvrir : entre autres, Oslo, Bergen (et revoir Gunnar Staalesen !) et Stavanger

http://loiseaulyre.canalblog.com/archives/2012/03/25/23841174.html

 

Jean Dewilde de Jackisbackagain :

Tout d’abord, un point qui me semble essentiel : à part Frédéric, toi et moi, personne n’a lu le roman jusqu’au bout. Il y a forcément des raisons à cela.

J’ai pas mal de temps libre et donc du temps pour lire, ce qui n’est pas le cas pour tous. Je ne suis pas certain moi-même que j’aurais été jusqu’au bout si je n’avais pas cette disponibilité.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je me suis fait une promesse et je te la fais également : je lirai en 2012 un autre roman de Staalesen, « Pour le meilleur et pour le pire », le deuxième de l’auteur après Le loup dans la bergerie.

Dans l’avant-propos du livre proposé à la lecture commune, je lis que Gunnar Staalesen est par ailleurs (lire en dehors des enquêtes du privé Varg Meum) l’auteur d’une saga en six volumes, Le roman de Bergen, dédiée à sa ville natale.

Et il devient vite évident que Staalesen voue à cette ville qui l’a vu naître un amour indéfectible. Là commence la difficulté pour le lecteur. L’auteur aime nous balader dans cette ville à travers rues, avenues, boulevards, ruelles, venelles, cul-de-sac, toutes ces artères portant des noms norvégiens.  C’est totalement indigeste. L’impression que ce livre a été écrit exclusivement pour les habitants de Bergen, ce qui représente quand même un lectorat potentiel de deux cent cinquante mille âmes.

Je concède qu’il est plus facile de situer l’action d’un roman à New York où tout se décline dans des numéros de rues et d’avenues.

Un autre aspect formel qui m’a littéralement irrité et assommé : l’utilisation à doses massives et hypodermiques du verbe acquiescer, au passé simple, à la première et la troisième personne du singulier, à la forme affirmative et interrogative, j’acquiesçai, acquiesçai-je, il acquiesça…. La faute aux deux traducteurs ? Je ne le crois pas, d’autant que j’ai déjà lu des romans de Nesbo traduits par Alex Fouillet et que je n’ai jamais repéré une telle overdose d’un verbe.

Il existe des moyens de comptage d’un mot, l’exercice ne m’intéresse pas mais le résultat serait édifiant et surtout affligeant.

Le recours systématique à des comparaisons toutes introduites par « comme… » alourdit encore le récit.

CAnges déchusertains me rétorqueraient que je m’attarde sur des détails, des peccadilles ; je leur réponds par la négative ; je suis incapable de m’intéresser et d’apprécier l’intrigue, le cœur d’un livre si l’emballage est bâclé.

Je pourrais arrêter ici ma chronique puisque, vous l’avez compris, je n’ai pas pu m’attacher à ce roman

La quatrième de couverture souligne que Gunnar Staalesen s’inscrit, en renouvelant le genre avec son personnage de Varg Meum, dans la lignée des grands auteurs tels que Chandler, Hammet ou Mankell.  Mensonger et délirant. Mensonger, car Staalesen ne renouvelle rien et délirant, le lien entre l’auteur et Hammet et Chandler devant être aussi ténu que le cordon ombilical d’une gerboise à son nouveau-né.

L’intrigue est sombre et noire, on en devine les contours et quand la dernière révélation nous est faite, pas de surprise. Mais là n’est pas l’important ; ce que l’auteur veut exprimer, du moins, je pense, ce sont l’hypocrisie, les non-dits, les tabous, les réflexes de survie après un drame atroce à l’origine duquel les protagonistes d’un groupe pop, Les Harpers, ne sont pas étrangers.

Les personnages – et il y en a beaucoup – ont tous été marqués au fer rouge par cette tragédie survenue le 16 octobre 1975. Leurs vies et leurs comportements en ont été complètement bouleversés et la quête de la vérité menée par le privé, Varg Meum, qui les connaît tous pour avoir grandi avec eux, déroute, dérange, déchire et fait voler en éclat les carapaces qu’ils s’étaient forgées.

429 pages, c’est beaucoup, beaucoup trop d’autant que le rythme est fort lent, qu’il n’y a pas d’action à proprement parler ; la définition la plus juste que je pourrais donner de ces anges déchus est celle-ci : une longue, patiente et minutieuse reconstitution d’un crime qui restera impuni. Sans importance puisque victimes et bourreaux vivent jour après jour les pires des châtiments : la honte, l’humiliation, le déshonneur, le remords.

J’espère de tout cœur pouvoir faire une chronique plus positive et plus enthousiaste de « Pour le meilleur et pour le pire ». Qui sait, elle sera peut-être l’une des premières sur mon blog à moi.

Pierre, je tiens à te remercier pour la passion que tu réussis à partager au travers de tes lectures ; c’est une bien belle contribution que la tienne, nous permettre de découvrir des auteurs et des livres à côté desquels nous serions passés.

 

Frederic Fontès de http:// 4decouv.com

J'ai tenu trente pages. Je n'ai pas eu la patience d'aller plus loin, trop peur d'y laisser d'autres plumes...

Anges déchus est un roman que l'on range déçu. C'est le sixième opus d'une série de roman que Gunnar Staalesen consacre à son détective privé Varg Veum.
Il est évident qu'il est fortement déconseillé d'attaquer la série par cet opus. Outre le fait que vous allez certainement ne pas profiter des bagages psychologiques du personnage, vous allez surtout débarquer dans la ville de Bergen au pire moment.
Varg Veum retrouve des amis d'enfance qu'il avait perdu de vue à l'occasion de l'enterrement de l'un d'eux.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : le style est particulièrement ennuyeux. La narration à la première personne est un exercice très difficile puisqu'il enferme le lecteur dans une vision unique de l'histoire, dans la tête du héros. Je ne comprends pas le choix du passé simple dans le récit. "Nous restâmes, nous regardâmes, etc." C'est casse-gueule d'utiliser le héros comme narrateur en le faisant parler au passé simple, parce que du coup, on se demande ce qu'il se passe au présent pour que le narrateur rapporte les faits de cette manière. Il se souvient ? Un choix des traducteurs et des éditeurs de la version française ?

J'ai une impression immédiate de distance entre moi et le héros. Et ce n'est pas le style assez rébarbatif et le point de départ peu passionnant de ce début de roman qui me permet d'avoir l’empathie nécessaire pour faire simplement fonctionner le livre.
Sans moi les anges, je retourne dans l'enfer de nouvelles lectures...

 

Foumette :

Anges déchusJ'ai commencé ce livre avec une certaine appréhension car il s'agissait d'un auteur norvégien, je n'ai rien contre ces auteurs loin de là, mais je sais que, généralement leurs écrits sont assez lents, mais je ne veux pas en faire une généralité. C'est l'opinion que j'avais eu en lisant quelques auteurs du nord. Je ne donne que mon avis, mon ressenti qui reste subjectif et je reste persuadée que ce livre ravira d'autres personnes qui apprécient ce genre d'atmosphère. Ce n'est en aucun cas un jugement car même si je n'ai pas aimé ce récit je respecte et admire le travail de l'auteur.

Je pense aussi que mon ressenti et en adéquation avec mon tempérament impatient. Je n'ai pas su lire ce livre en entier, j'ai lu chaque mot des 50 premières pages et j'ai survolé les 50 autres mais je n'aurai pas su continuer en y prenant du plaisir donc je l'ai refermé. Je trouve que ce récit est beaucoup trop lent, il y a trop de descriptions et pas assez d'action à mon gout. Une impression que le récit ne commence pas et que pendant toutes ces pages on plante le décor et les personnages mais que rien ne se passe! Instinctivement, je commençais à passer des passages car les descriptions à rallonge m'ennuyaient fortement. Impossible pour moi de m'imprégner dans cette atmosphère tant cela m'agaçait que rien ne se passe. Il faut dire que j'aime les thrillers intenses et que je recherche souvent les grands frissons! Je pense que ce livre n'était pas pour moi mais qu'il pourra combler d'autres personnes! A vous de vous faire votre propre opinion....

 

Sur Horreur boréale, (http://www.horreurboreale.com/article-anges-dechus-de-gunnar-staalesen-gaia-2005-norvege-65576937.html) qui regroupe tous les romans nordiques, vous trouverez l’article et les liens d’autres blogueurs.

 

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Published by Pierre faverolle - dans 2012
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commentaires

Oncle Paul 09/04/2012 17:12

Bonjour Pierre comme le signale si justement Bruno, tout le monde ne peut adhérer à un genre, à une écriture. Si par exemple tu proposais en lecture commune une enquête sur un meurtre réalisé en
chambre close, combien s'intéresseraient à ce genre qui pourtant connut son heure de gloire ? Alors bonne pioche ou pas, il faut essayer de satisfaire tout le monde, et tout le monde ne sera jamais
satisfait.
Bonne continuation
Amitiés

Pierre faverolle 09/04/2012 18:56



Tu as tout à fait raison, Paul. Mauvaise pioche donc. On verra pour la prochaine !


Merci de ton message et à bientôt



Foumette 09/04/2012 10:47

Quel régal de lire les différents avis! Je te sens déçu Pierre, j'espère que je ne suis pas responsable de cette déception! Je m'en veux un peu de ne pas l'avoir continué...mais bon!!! Promis...le
prochain...je le termine..PArole de Foumette!!!
Il serait temps que Jean complète son blog...il cause trop bien!!!!!

Pierre faverolle 09/04/2012 12:50



Je vais y reflechir



gridou 09/04/2012 09:26

effectivement...mauvaise pioche...

Pierre faverolle 09/04/2012 12:50



Pas faux



Lystig 08/04/2012 22:48

les noms de rues, qu'ils soient Avenue A, 3ème rue ou Kirkegate, c'est pareil, aucune idée de leur localisation : broadway, au nord ? au sud ?, aucune idée ! idem pour les rues de Bergen ! (même
les rues de Copenhague, je m'y perds) ( je passe par dessus si je ne comprends pas la signification).

le style scandinave (voire le style nordique) est particulier, lent, sans rebondissement, ce que justement j'aime (pas de coup de théâtre à chaque chapitre, chaque chapitre durant 3 pages)

prête pour une prochaine lecture commune, surtout si cela me fait baisser la PAL !

Pierre faverolle 09/04/2012 08:30



Salut Lystig, merci de ta participation en tous cas. Je reflechis pour la prochaine ...


A bientôt



La petite souris 08/04/2012 20:50

Et bien moi mon cher Pierre, je trouve l'exercice réussi ! Certes lancer une lecture commune c'est d'abord partager un ressenti, mais inconsciemment on espère que tous aimeront le livre qu'on leur
a proposé de lire. Quand le livre plait on ne peut qu'être satisfait, et quand il ne plait pas, peut être se dit on, j'aurai proposer autre chose, je me doutais que...etc... Et bien en ce qui me
concerne ce que j'ai particulièrement apprécié ce sont les explications apportées par les uns et par les autres sur le pourquoi de leur déception. En particulier celle de notre ami commun Jean. Il
se trouve que personnellement j'aime cet auteur dont j'ai déjà lu deux romans. Mais comprendre pourquoi les copains n'ont pas aimé interroge également sur le pourquoi moi j'aime lire cet écrivain.
Intéressant de comprendre ce qui a marché avec moi et qui n'a pas marché pour d'autres.Enrichissant de voir l'approche qu'on les uns et les autres d'une oeuvre, de voir peut être des choses que je
n'avais pas vu et qui feront que la prochaine fois je serai davantage attentif à tel ou tel aspect du roman ou de l'écriture. Non , vraiment très intéressant ce que je viens de lire et je ne peux
que t'encourager à poursuivre ces lectures communes mon cher Pierre. La richesse se nourrit de la diversité ! Il en va aussi dans la littérature ! Amitiés

Pierre faverolle 08/04/2012 21:16



Merci de tes encouragements ! J'avoue que j'ai hésité à continuer l'aventure pour les raisons que tu sais. J'y reflechis car le but c'est de faire découvrir d'autres univers que ceux auxquels on
a droit, faire lire des auteurs peu connus (même Pelecanos pourrait / devrait vendre plus de livres) ! Je n'ai pas encore pris ma décision mais je vais y reflechir. Amitiés et à bientôt



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