Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 20:30

Les anonymesAprès Seul le silence et Vendetta, il m’était difficile de ne pas lire le dernier opus de Roger Jon Ellory. Car c’est l’assurance de lire une bonne histoire, bien écrite avec des personnages vrais et une réflexion sous-jacente.

A Washington, une femme d’une cinquantaine d’années est retrouvée assassinée chez elle. Son corps est positionné à quatre pattes sur son lit ; elle a été battue à mort et étranglée. Autour du cou, on lui a mis un ruban blanc avec une étiquette vierge, de celles que l’on attache autour des cadavres dans les morgues. Dans sa maison, un parfum de lavande a été répandu. Aucune trace ne permet de remonter à l’assassin, ni poil ou cheveu, ni empreinte digitale, ni trace d’ADN. Un film, La vie est belle, passe sur son lecteur de DVD.

L’inspecteur Robert Miller est chargé de l’enquête, accompagné de l’inspecteur Albert Roth, tous deux du commissariat n°2. Dès qu’ils entrent dans la chambre, ils sont surs que cette femme est la quatrième victime d’un tueur que les média appellent le tueur au ruban. Toutes les victimes ont été tuées à Washington sur une période de 8 mois avec le même mode opératoire. L’autopsie montre tout de même des différences : Catherine a été étranglée avant d’être battue. Et son numéro de sécurité sociale donne un nom différent : Isabella Cordillera.

Robert Miller sort d’une enquête difficile où ses compétences et sa neutralité ont été mises à mal par les médias et les spéculations de ses collègues. Albert Roth est un jeune inspecteur marié heureux en ménage. Ce couple atypique va rencontrer Natasha Joyce, une jeune mère paumée qui a eu une enfant Chloé avec un drogué Darryl King qui connaissait Catherine sous un autre nom. Celui-ci est mort cinq ans auparavant dans une descente de police dans un entrepôt. Toutes les pistes montrent que les gens impliqués de près ou de loin n’ont aucune existence. Miller et Roth se retrouvent dans une impasse à chaque fois qu’ils ont une idée.

En parallèle, il y a les souvenirs d’un homme John Robey qui raconte: sa vie, son apprentissage, les rencontres qui ont changé sa vie. De son apprentissage avec un père autoritaire à l’université où il est enrôlé par la CIA, on découvre tout un pan de l’histoire de la politique étrangère des Etats-Unis. Les deux récits vont se rencontrer pour aboutir à un final inattendu.

Une nouvelle fois, Roger Jon Ellory est éblouissant. Et j’aime ce qu’il écrit pour une bonne raison : Les personnages sont vrais, vivants et passionnants. Comme dans les deux précédents livres publiés en France, Ellory s’appuie sur une psychologie sans faille avec une intrigue qui permet de passionner le lecteur jusqu’à la dernière page. Dire que cet auteur est doué est une évidence. Car au-delà d’un savoir faire qui n’est plus à démontrer, son art de raconter une histoire est tout bonnement impressionnant.

Tout au long de ma lecture, je me suis demandé pourquoi j’aimais tant ce qu’il écrit. Les seules réponses que j’ai trouvées en deux points : Ellory aime, ou plutot adore ses personnages. Qu’ils soient bons ou méchants, et ils ne sont jamais totalement l’un ou l’autre, il leur accorde la même attention, le même soin, et la même adoration. Ensuite, c’est un conteur hors pair. Par ses descriptions toujours simples et justes, par ses dialogues toujours bien placés et bien construits, l’ensemble se lit super bien et je me suis dit qu’il pourrait raconter n’importe quoi, ça deviendrait passionnant.

Par rapport aux deux précédents où une réflexion était évidente, j’ai l’impression qu’ici, Ellory a plus axé son livre sur la dénonciation des actes de la CIA, avec une documentation, certes connue pour la plupart, mais qu’il est toujours bon de rappeler. En gros, ce n’est pas ce qui m’a le plus intéressé. J’ai préféré me laisser bercer par le rythme, par le style, par l’histoire, par les personnages. J’ai même été obligé de me limiter dans ma lecture pour ne pas le lire trop vite et pour me laisser un peu d’heures de sommeil. Franchement, que demander de mieux à un livre ?

Partager cet article

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2010
commenter cet article

commentaires

Paul Maugendre 02/11/2010 12:57


Ok, tu m'en parles quand tu veux.
Et je travaille sur d'autres portraits d'auteurs du Fleuve Noir, mais, malheureusement il me manque beaucoup d'infos
A bientôt


Pierre faverolle 02/11/2010 15:18



Oui il faut que j'en fasse la liste


A bientôt



Richard 02/11/2010 11:53


Tout à fait en accord avec ta chronique.
Un excellent roman, un écrivain extraordinaire et une créativité passionnante !
Un seul mot: Encore !!!!
Merci !


Pierre faverolle 02/11/2010 12:06



Que du plaisir pour les amateurs de littérature policière que nous sommes !


A bientot



Paul Maugendre 02/11/2010 11:20


Salut Pierre
Encore un livre placé dans ma PAL mais il y a toujours un autre livre qui devient prioritaire.
Que faire ?
Amicalement


Pierre faverolle 02/11/2010 12:07



Je n'ai pas de solution à ton problème (qui est aussi le mien). Il faudra que je te parle de mes trouvailles dans le grenier de mon père : j'ai récupéré une vingtaine de Fleuve Noir (Spécial
Police, Angoisse ...)


A bientôt



gridou 01/11/2010 09:59


noté (encore!!!)


Pierre faverolle 01/11/2010 12:30



Que puis je te dire ? Désolé ? non, j'ai trouvé : Bonne lecture et merci de la confiance que tu mets dans mes articles.


A bientot



Lystig 31/10/2010 22:04


je parcours vite fait ton billet, puisque j'ai l'intention de le lire bientôt


Pierre faverolle 01/11/2010 07:52



Bonne lecture et n'hésite pas à revenir par ici pour en parler


A bientot



Présentation

  • : Le blog de Pierre Faverolle
  • Le blog de Pierre Faverolle
  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
  • Contact

Sur ma table de nuit ...

Le blog reste ouvert.

Dorénavant, les nouveaux billets seront :

http://blacknovel1.wordpress.com/

   

Recherche

Archives

Catégories