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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 18:13

Anges-de-New-York.jpgIl fallait bien que cela arrive : le voilà le roman de Roger Jon Ellory qui m’a déçu. Après le formidable Seul le silence, le très bon Vendetta et sa fin inattendue, le très bon Les Anonymes dont l’intrigue rappelait quelques passages peu glorieux des activités de la CIA, Les anges de New York nous plongent dans l’histoire de la police de New York, le NYPD ou New York Police Department et ses relations avec la mafia.

Dire que j’attends les romans de Roger Jon Ellory avec une impatience de gamin devant ses cadeaux de Noel est une évidence. Depuis Seul le silence, je trouve chez cet auteur un style hypnotique, allié à une profondeur psychologique de ses personnages qui fait que je suis emporté, emballé, pressé d’avancer dans ma lecture pour connaitre une fin que, rarement, j’arrive à deviner.

Et dans Les anges de New York, pas besoin d’attendre la fin pour m’apercevoir que la recette ne fonctionne pas. Dès le début, la présentation du personnage est banale, balourde, trop évidente, pleine de clichés (d’aucuns diraient des poncifs). Frank Parish est inspecteur au NYPD, malheureux en ménage car divorcé, alcoolique, écrasé par la réputation sans taches de son père, idole du NYPD dans les années 70.

Evidemment, il est malaimé de ses compatriotes, son dernier partenaire étant d’ailleurs mort en mission. Alors, son chef l’envoie chez une psychologue, Marie Griffin, qui va lui demander de parler de son père. Là, le lecteur que je suis se pose la question : alors qu’elle doit comprendre pourquoi il est agressif (et les dialogues sonnent faux comme j’en lis rarement !), pourquoi décide-t-elle de s’intéresser au père de Frank ?

Evidemment, il y a une affaire. Danny Lange, un de ses indics se tue chez lui. En enquêtant, Frank découvre que la sœur de Danny, Rebecca a été étranglée. Elle a eu un rapport sexuel mais n’a pas été violée et a des ongles impeccablement vernis. En poursuivant ses investigations, Frank découvre un autre meurtre identique, celui de Karen Pulaski. Il se persuade qu’un tueur en série est à l’action, et, affublé d’un nouveau partenaire, Jimmy Radick, va poursuivre son idée jusqu’au bout.

Le roman présente donc une alternance entre l’enquête sur les meurtres de jeunes filles et les entrevues de Frank avec sa psychologue. Et si l’enquête est bien faite, mais manque d’envolées par rapport à ce que Ellory nous a montré et démontré auparavant, les dialogues avec la psychologue sonnent redoutablement faux. D’une fausse agressivité en passant par une démonstration de la connaissance historique de la vérité sur Les Anges de New York, j’ai vraiment eu l’impression que l’auteur voulait justifier ses recherches historiques à la façon d’un cours magistral d’un professeur d’histoire, et que les deux parties n’avaient pas de relation et n’apportaient rien à la psychologie du personnage principal.

Et si, petit à petit, Ellory arrive encore à m’emporter dans certaines scènes, certains dialogues, le mal est fait. J’ai réussi à voir des ficelles trop grosses, à identifier des savoir-faire trop évidents. N’y voyez pas dans cet article une attaque en règle contre Roger Jon Ellory, mais plutôt celui d’un fan de cet auteur déçu, qui se dit qu’un auteur ne peut être au top tout le temps, et que ce roman ne m’a pas emballé, car je n’y ai pas trouvé le lyrisme, les envolées qui m’ont bercé lors de ses précédents romans.

Alors oui, je suis déçu, très déçu, mais j’attends le prochain avec impatience pour ne pas rester sur une note négative, avec un auteur qui m’a fait passer tant de bons moments par le passé. Allez, M.Ellory, à la prochaine ! Pour moi, Les anges de New York n’iront pas dans mon paradis. A la place, il vaut mieux lire Le dernier baiser de James Crumley, il n'y a pas photo.

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Published by Pierre faverolle - dans 2012
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commentaires

Gwenaelle 16/01/2014 09:31

Premier contact avec cet auteur pour moi. En version audio, le texte est sans doute rendu plus dynamique. Pour continuer ma découverte, je suivrai tes conseils : Seul le silence et Les anonymes. ;-)

Pierre FAVEROLLE 16/01/2014 21:39

Si je peux me permettre, Seul le silence puis Vendetta puis les anonymes. Ne pas oublier Vendetta ! A bientôt

Le Papou 29/08/2012 09:29

Le billet d'Alex m'avait tenté, le tien annule cette tentation. De toutes façons, j'ai trop de titres dans ma LAL.

Le Papou

Pierre faverolle 29/08/2012 20:49



Ce n'est que mon avis, alors ...


A bientôt



Emeraude 27/08/2012 21:54

je suis contente de lire ce billet parce que moi aussi j'ai été déçue par ce titre. Une déception moins grosse que la tienne, quand même, mais c'est évident que ce titre là n'est pas le meilleur
pour moi, et de loin.
A priori, tu ne devrais pas être déçu pour le suivant. Si Sonatine ne change pas d'avis d'ici là, ça devrait être "bad signs" prévu pour septembre 2013 et un très bon cru !!!

Pierre faverolle 28/08/2012 06:33



Effectivement, j'attends le prochain avec grande impatience. Merci Emeraude


A bientôt



pirozzi 27/08/2012 15:16

Bonjour Pierre,
Même si j'éprouve une admiration sans borne pour RJ Ellory, je partage totalement ton ressenti pour "Les anges de New York". Une déception pour un livre sans âme, trop de clichés et des personnages
creux. Comme je l'ai dit plus haut, cela n'entame en rien le respect que j'ai pour cet auteur ! Un petit coup de mou après trois "monuments" du polar, bah, rien de grave !!
Amicalement
Corine

Pierre faverolle 27/08/2012 21:01



Merci Corine, nos avis se rejoignent


A bientôt



jackisbackagain 27/08/2012 15:03

Bonjour Pierre,

Je suis mal placé pour parler de ce livre, ne l'ayant pas lu. J'ai lu "Vendetta" et je n'ai pas été emballé; les livres sont des magiciens, on les aime un peu, beaucoup,...pas du tout. Ta critique
toute personnelle comme tu l'écris toi-même est un hommage à l'auteur. Je m'en vais voir derechef ce qu'en a pensé Cathy. Amitiés. Jean.

Pierre faverolle 27/08/2012 21:00



Merci Jean, ton message me touche beaucoup car c'est ce que je voulais faire passer.


A bientôt mon ami



Cathy 26/08/2012 23:21

On est tout à fait d'accord Pierre. Ma chronique sur ce livre que j'ai déjà rangé au placard :
http://www.ecrits-et-delices.fr/article-les-anges-de-new-york-102752655.html

Pierre faverolle 27/08/2012 06:30



Merci Cathy, je vais lire ça


A bientôt



sophie 26/08/2012 22:29

ayant adoré Seul le silence, peut-être faudra-t-il passer celui-ci? et en effet, les grands auteurs ont aussi leurs faiblesses...

Pierre faverolle 27/08/2012 06:30



J'ai voulu ce billet personnel pour ne pas dégouter les futurs lecteurs. C'est le billet d'un fan déçu. Et c'est très loin de Seul le silence, à mon avis



La petite souris 26/08/2012 21:22

Tu aurais peut être du faire comme moi. Ne pas lire un seul de ses romans, et demarrer avec "Les anges de New York" ! Car moi vois tu c'est ce que j'ai fait ( oui, tu me diras, que j'ai été long à
la détente depuis le temps où tu me dis que cet auteur est génial !) et j'ai beaucoup aimé ce livre. C'est vrai qu'il est d'une facture classique, c'est vrai qu'il n'y a pas vraiment de grande
surprise dans ce roman, mais malgré tout il est excellemment bien construit, se laisse lire et se laisse même apprécier! pas le roman de l'année, mais j'ai passé un bon moment de lecture. Combien
d'auteurs aimeraient avoir signer ce titre ! AMitiés

Pierre faverolle 27/08/2012 06:29



Tu es un taquin, toi !



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