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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 18:22

Ma très chère petite souris,

Monde à l'endroitComme tu as eu la gentillesse de me prêter Le monde à l’endroit de Ron Rash, je ne pouvais que te parler de cette lecture bouleversante et qui marquera ma (petite) culture littéraire. Mais que puis-je, ou du moins que dois-je ajouter à ton article publié sur ton blog Passion-polar ? J’ai l’impression qu’il me suffirait de crier à la face du monde : Lisez Ron Rash !

Car dès Un pied au paradis, on sentait la patte d’un grand auteur. Quelle façon de maitriser son intrigue à plusieurs voix, de peindre une Amérique des petits, des insignifiants, de petit à petit dévoiler un drame qui de toute façon est inévitable. Et c’était son premier roman. Avec Serena, il frappait (à mon avis) encore plus fort, avec un personnage féminin incroyablement noir dans un environnement composé uniquement d’hommes, où on avait l’impression que le monde est animal et a engendré le mal, une formidable illustration de L’homme est un loup pour l’homme.

Le monde à l’endroit est sorti aux Etats Unis juste avant Serena. Et quand tu as sorti ton billet, tu m’as proposé de me le prêter. Et je ne peux que paraphraser ce que tu en as dit. Pourtant, tu sais bien que je n’aime pas répéter ce que les autres ont dit. Car ce roman est un grand moment, qui confirme que Ron Rash est un grand, un très grand auteur.

De cette histoire dramatique et noire, je n’en dirai qu’un mot : Travis Shelton, un jeune homme de 17 ans, va découvrir un plan de marijuana en allant à la pêche. Il va en voler quelques plans pour les vendre à Leonard, ancien professeur reconverti en dealer de drogue. Les vrais propriétaires sont les Carlton et ils vont piéger Travis et lui couper l’envie de recommencer en lui coupant le tendon d’Achille. Travis va se rétablir et s’installer chez Leonard, qui va le pousser à avoir son BAC.

Tu le sais, ma petite souris, qu’il y a des thèmes qui me touchent particulièrement. La relation Père-Fils fait partie de ceux-là. Travis en rupture avec sa famille va se trouver un nouveau mentor qui lui ouvre les yeux sur ses possibilités mais aussi sur ses conséquences. On ne peut pas sauver quelqu’un qui ne le veut pas. C’est aussi le poids du passé, l’influence des racines et leurs conséquences sur les hommes d’aujourd’hui. En effet, à Shelton Laurel pendant la guerre d’indépendance en 1863, eut lieu un massacre d’innocents uniquement sous prétexte qu’ils appartenaient à l’autre camp. Cet héritage ne s’efface jamais complètement, il y reste toujours des cicatrices.

Par contre, ma petite souris, il y a une chose que je n’aime pas beaucoup. Et je n’ai pas dit que c’est ce que tu fais. Certains mettent une étiquette de Nature Writing à Ron Rash, sous prétexte qu’il écrit et décrit des personnages et des situations qui se passent dans la campagne profonde, et mettant en scène des gens simples. Certes, la nature est omniprésente, dans sa dualité, belle et dangereuse, inégalable et mortelle. Mais Nature writing ou pas, c’est juste de la grande littérature. Et peut-être Ron Rash se pose-t-il la question suivante : L’homme est-il vraiment l’animal le plus évolué sur Terre ? Une question parmi tant d’autres, tant ce roman en regorge.

Enfin, chère petite souris, tu sais combien je suis attaché au style. C’est pour moi ce qui fait la différence entre un bon roman et un excellent roman. On n’y trouvera rien pour relever la tête du lecteur. Le style est brut voire brutal, sec, cherchant l’efficacité, le bon nom, l’adjectif juste ; bref, on est dans l’orfèvrerie, dans le pointillisme, l’obsession de la perfection. Par moment, il m’a fallu reprendre quelques phrases, je te l’avoue, mais dans l’ensemble, je suis époustouflé, impressionné, ébahi devant tant de talent. Tout cela pour te dire que je trouve que c’est une lecture qui se mérite.

Et moi qui n’aime pas mettre des étiquettes, je ne peux m’empêcher de rapprocher ce roman des meilleurs romans des grands auteurs américains. Et en particulier Père et fils de Larry Brown. D’ailleurs, je n’avais pas lu de roman aussi fort sur les pauvres gens depuis bien longtemps. Tu l’auras compris, j’ai adoré. Alors que puis-te dire ? Merci, un grand merci, un énorme merci ! Et comment puis je te remercier ? Ma foi, en publiant cette lettre, telle quelle, et en te dédiant ce billet. Petite souris, cette humble et misérable prose est pour toi, mon ami du Sud.

A bientôt. Pierre

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Published by Pierre faverolle - dans 2012
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commentaires

Nath 12/11/2012 16:45

Ok, merci du conseil !!

Pierre faverolle 12/11/2012 21:31



DE RIEN !



Nath 10/11/2012 17:08

J'avais dejà noté le nom de Ron Rash suite à la chronique du souriceau! En lisant la tienne, je sens que je vais m'y mettre encore plus vite que prévu. Ne m'en veuillez cependant pas les garçons
car je vais commencer par Séréna, mais je ne compte pas en rester la !!

Pierre faverolle 11/11/2012 16:47



Si je peux me permettre, commence par un pied au paradis, puis Serena puis Le monde à l'endroit. Voilà !


A bientôt



Guillome 10/11/2012 11:19

premier roman que je lis de Ron Rash! et je me dis pourquoi avoir attendu si longtemps pour découvrir cet écrivain ! une vrai découverte! je ne peux qu’approuver ton enthousiasme!!!

Pierre faverolle 11/11/2012 16:48



Je pense que Ron Rash va faire l'unanimité, et c'est normal !



La petite souris 09/11/2012 14:15

ben tu vois y avait encore des choses à dire ! ^^ merci pour cette belle lettre ! ^^

Pierre faverolle 11/11/2012 16:52



De rien mon poteau. Merci à toi surtout de me l'avoir gentiment prêté !



Ray 08/11/2012 18:31

Bonjour Pierre, je suis assez d'accord pour affirmer que Ron Rash est un auteur majeur, j'ai d'ailleurs chroniqué ses 3 romans sur mon site ... mais je serai plus modéré que vous (petite Souris et
toi) sur ce dernier roman (en réalité le 2ème de l'auteur). En fait l'histoire ne pas pas autant accroché que dans Un pied au paradis ou Serena. Ça reste bon, mais un ton en dessous des deux autres
à mon humble avis.
Amicalement.

Pierre faverolle 11/11/2012 16:56



Salut Ray, ayant adoré les 3, je garde une préférence pour un pied au paradis. Après, il m'est difficile de départager Serena et Ce monde à l'endroit. Mais ne faisons pas la fine bouche, les 3
sont excellents !


A bientôt



jean 08/11/2012 12:22

Un auteur à découvrir pour ma part. Avec de tels billets, celui de Bruno et le tien,
je pars conquis.

Pierre faverolle 11/11/2012 16:56



Merci de ta confiance et à bientôt pour en parler


 



Ys 08/11/2012 06:39

C'est vrai que "Lisez Ron Rash", ça fait court, mais cette lettre est tout à fait convaincante : voilà un grand auteur américain qu'on est heureux de découvrir ici.

Pierre faverolle 11/11/2012 16:58



Tu peux y aller les yeux fermés ! Satisfait ou remboursée pour toi !


A bientôt



Claude LE NOCHER 08/11/2012 06:30

Salut Pierre...
Bruno et toi, vous avez raison, on ne devrait lire que des chefs d'oeuvre de cet acabit. Et je confirme, avec Pierre, que le label Nature Writing n'est pas utile ici. Ce sont bien les relations
humaines qui priment.
Amitiés.

Pierre faverolle 11/11/2012 16:58



Merci Claude de ton soutien !



Sharon 07/11/2012 19:41

Ton billet me rappelle que mon avis sur Un pied au paradis reste à écrire. Je pourrai me contenter de dire : "très grand roman, merci de l'avoir écrit".

Pierre faverolle 11/11/2012 17:00



He He ! Va falloir que tu trouves autre chose ! Avant d'attaquer Serena puis celui là !


A bientôt



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