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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 18:46

Dernier roi de brighton-copie-1Après Promenade du crime, voici le deuxième tome de la trilogie consacrée à Brighton, station balnéaire de Grande Bretagne. Ce roman s’avère plus grand, plus fort, plus imposant, exemplaire.

Ce roman est composé de deux parties. La première est consacrée aux années 60, la deuxième se déroule de nos jours. En 1963, John Hathaway est un jeune adolescent dont la passion est la musique. Avec ses copains Charlie, Dan et Bill il forme le groupe des Avalons, et fait la tournée des petits clubs en reprenant des chansons à succès. Il se débrouille tout seul, ses parents étant en Espagne pour une durée indéterminée. Et c’est Reilly, l’homme de confiance de son père qui l’aide dans sa vie de tous les jours.

La ville de Brighton est plongée dans des affaires criminelles retentissantes : on y parle encore du tueur à la malle qui date des années 30, mais aussi de l’attaque du fourgon postal qui est une affaire plus récente. John va s’apercevoir que ses concerts sont organisés dans des clubs grâce à la réputation de son père, que la police lui fait les yeux doux parce qu’il est le fils de Dennis. Entre sa petite vie et Barbara, une trentenaire devenue son amante, il mène une vie facile et nocturne, jusqu’à ce que son père rentre avec sa mère, prise de délires et que son père attribue à la ménopause.

Son père va chasser Barbara, qui est une de ses employées et lui demander de travailler dans son organisation ; tout d’abord, il lui demande de transporter de l’argent, puis de la drogue, puis de vendre de la drogue pendant ses concerts. Petit à petit, il va comprendre l’étendue de l’organisation de son père. Cette formation et ce passé douteux va avoir des conséquences sur sa vie actuelle, quand quarante années plus tard, un homme se fait atrocement empaler.

Le portrait que fait Peter Guttridge de la superbe et riche ville de Brighton est bien peu ragoûtant. En effet, il prend son temps pour montrer comment dans les années 60, le principal gang de Brighton détenait le commerce illicite, des paris au trafic de drogue qui commence (les petites pillules que les jeunes avalent pendant les concerts pour mieux s’amuser !), de la prostitution à la pédophilie. A cela, on ajoute la police qui profite de cet argent, mais qui le dirige aussi tant la hiérarchie est impliquée.

Peter Guttridge a choisi une narration très classique, mettant en opposition deux époques, qui sont les années 60 et les années 2000. Il donne l’impression qu’avant la criminalité était moins violente, moins barbare. Il montre une époque ivre d’amusements, de musique, de joie de vivre, qu’il oppose à notre monde contemporain plus froid, plus brutal. D’ailleurs, dans la première partie, les titres des chapitres reprennent des titres de morceaux populaires, qui disparaissent dans la deuxième partie. Cette première partie, sur les années 60 est exemplaire à tous points de vue, tant elle est parfaitement écrite.

C’est aussi un roman de formation, d’initiation, au travers le personnage de John. Ce jeune homme va petit à petit perdre son innocence, jusqu’à devenir le nouveau parrain de Brighton, suivant en cela les pas de son père. Et le jeune homme de la première partie va se révéler un maitre du crime, que l’on va retrouver au travers d’enquêtes menées par Robert Watts dans une deuxième partie d’une narration plus classique.

Indéniablement, ce Dernier roi de Brighton s’avère un polar costaud, que j’ai eu bien du mal à lâcher, tant la façon qu’a Peter Guttridge de mener son histoire me convient bien : elle est centrée sur les personnages, avance surement grâce à des dialogues remarquablement bien faits, et ne s’appesantit jamais sur des futilités. Ce deuxième tome de la trilogie de Brighton est brillant, étincelant comme les joyaux de cette station balnéaire.

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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commentaires

Le Papou 22/02/2013 15:12

Brighton, Brodstairs...ma jeunesse, les petites anglaises, la vie insouciante. Je le note pour les souvenirs.

Le Papou

Pierre faverolle 22/02/2013 20:55



Salut Papou, cette trilogie va crescendo, le 3ème tome promet ...



Jean 21/02/2013 11:55

Salut Pierre,

Celui-là, il faut que je le lise !

Pierre faverolle 21/02/2013 20:29



Je le note pour un prochain envoi ...



Gwenaelle 21/02/2013 09:11

J'ai terminé hier le premier volet et je n'ai pas été emballée : intrigue artificielle qui se dénoue trop facilement, passages trop rapides d'un personnage à l'autre... Visiblement, celui-ci est
plus réussi.

Pierre faverolle 21/02/2013 20:29



Celui ci est plus fort que le précédent. j'ai apprécié l'efficacité du premier, le parallèle entre les 2 époque est brillante.


A bientôt



Claude LE NOCHER 21/02/2013 06:03

Salut Pierre
Pour compléter sur les différences d'époques, il est certain que le braquage du train postal fut violent, mais beaucoup moins que les braquages actuels - où les truands utilisent vite leurs
kalashnikov. Et les petits dealers torturés pour récupérer une "dette", c'est nettement plus médiocre que les règlements de compte d'antan (meurtriers, mais parfois un peu folklo, faut l'avouer).
Oui, ce roman a le grand mérite de montrer aussi ces différences.
Amitiés.

Pierre faverolle 21/02/2013 06:40



Salut Claude, c'est exactement ce que j'ai ressenti. Et l'auteur joue formidablement bien sur cet écart entre les époques. Amitiés



gridou 20/02/2013 22:36

Je me souviens de ton article sur le 1er tome. J'imagine que tu recommandes (comme toujours) de les lire (tous et ) dans l'ordre...

Pierre faverolle 21/02/2013 06:38



On ne peut rien te cacher ... si tu as besoin de lectures, tu me contactes sur mon mail ...



Willow 20/02/2013 20:34

Hello Pierre, j'ai aussi cette impression au niveau de la criminalité ... Notre époque est très rude et certainement moins basée sur l'humain. Celui là me plait bien aussi ;O)

Pierre faverolle 20/02/2013 20:54



Salut Willow, je vais y arriver à te ruiner !


A bientôt



Claude Le Nocher 20/02/2013 20:22

Salut Pierre
Aussi excellent que le premier opus, peut-être plus séduisant encore grâce à ces portraits des années 1960. Pour moi qui ai un peu connu Brighton dans les années 80, je ne te cache que quelques
souvenirs s'y ajoutent, eh eh !
Amitiés.

Pierre faverolle 20/02/2013 20:53



Salut Claude, j'ai trouvé celui ci meilleur, parce que plus touchant aussi. Dans ton billet, tu dis que la deuxième partie t'a moins passionné, je l'ai trouvée différente. Tout le livre repose
sur l'opposition des 2 époques. Et on y a perdu en humanité, c'est sur, même si nous parlons de gens criminels ! Brillant, c'est le terme qui me vient à l'esprit. Amitiés



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