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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 19:30

Le craméUn petit tour du coté de la maison d’édition marseillaise avec un roman qui va à cent à l’heure et la découverte d’un auteur très prometteur : voici Le Cramé de Jacques-Olivier Bosco.

Saint Denis, agence de La Marseillaise. Un braquage est en cours. Gosta Murneau, dit le Cramé à cause de son visage partiellement brûlé à la cicatrice sous l’œil droit, est aux commandes. Il est connu pour avoir un gang d’une vingtaine de personnes et orchestre des hold-up sans que personne n’ait réussi à le coincer. Justement, celui-ci se déroule mal, les flics ont été prévenus, Le Cramé et sa bande sont attendus.

Ils sortent, la fusillade éclate, deux des malfrats sont sur le carreau. Le Cramé arrive à s’échapper dans une impasse, mais est arrêté en pleine fuite par les balles policières. Une jeune femme et un jeune enfant lui tiennent la main, il s’accroche, ne va pas mourir, mais passer trois mois à l’hôpital avant d’être inculpé. Lors d’un interrogatoire, dans le bureau de Charles Dumont le flic, il saute par la fenêtre et arrive à s’échapper avec l’aide de son amie et amour Isabelle.

Reste à trouver le traître qui l’a balancé. Il disparaît de la circulation pendant 6 mois, le temps de faire un peu de chirurgie esthétique et d’essayer de pénétrer dans le commissariat pour lire les témoignages. La chance veut que Dumont soit parti à la retraite, et que son remplaçant, vienne d’arriver. Il s’appelle Ange Gabriel, vient de Nouvelle Calédonie et personne ne l’a encore vu. Gosta va usurper son identité, et pénétrer le commissariat de l’intérieur. Lors de son premier jour, une jeune femme vient signaler la disparition de son fils. Ce sont eux qui lui ont tenu la main quand il s’est fait prendre. Gosta va tout faire pour le retrouver.

Accrochez vous ! Ce résumé des 50 premières pages n’est qu’un bref aperçu du roman. Cela vous laisse imaginer la vitesse à laquelle ça va, à laquelle ça court. Le mot d’ordre ici, c’est la vitesse. Les phrases claquent, les chapitres sont courts, donc globalement, on en prend plein la gueule ! C’est impressionnant comme le style se marie à l’action, et je dois avouer que j’ai rarement lu un roman avec des passages aussi rapides, aussi haletants. Je garde en particulier une scène en tête de poursuite en voiture formidable.

Au-delà de ça, Jacques Olivier Bosco sait construire un personnage, qui n’est ni bon ni mauvais, ni blanc ni noir, avec un vrai passé, avec des principes, avec des règles de vie et de survie. Gosta a vécu une enfance difficile, il s’est construit tout seul, est devenu un meneur d’hommes grâce à sa loi du un pour tous et tous pour un. Et même si on désapprouve la façon dont il a mené sa vie, c’est un héros réaliste que l’on a plaisir à retrouver.

Evidemment, la situation est cocasse. L’auteur aurait pu en faire une comédie, avec un sujet tel que celui-ci, le truand qui infiltre un commissariat. Mais non ! On a droit à un vrai roman noir, mené tambour battant, avec des dialogues hyper efficaces, et des scènes chocs. Il n’y a qu’à lire les interrogatoires, qui sont dirigés hors de toutes les règles légalistes à la façon d’un Dirty Harry (je tire d’abord puis je demande).

N’y cherchez pas de morale, ni de message ! Ce roman est fait pour divertir, comme on regarde un excellent film d’action, jusqu’à une fin d’une noirceur infinie, glauque, l’horreur du chapitre 37. On lui pardonnera les petites facilités dans certaines scènes, quelques phrases d’humour noir et on louera la documentation sur le monde policier et le monde de la drogue qui est impressionnante. D’ailleurs,  l’ensemble du roman est d’une cohérence à faire pâlir un grand nombre d’auteurs. C’est une très bonne découverte d’un auteur qu’il va falloir suivre de très près, foi de Black Novel !

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Published by Pierre faverolle - dans 2011
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commentaires

Bruno 15/06/2011 08:56


nous sommes deux à adorer cette maison d'édition ! :)


Pierre faverolle 15/06/2011 09:39



Ah ben oui !



Bruno 15/06/2011 08:36


ca si c'est pas une bonne mise en bouche je veux bien être condamné à lire des harlequins jusqu'à ce que mort s'en suive !!! je vais le lire assurément, mais je vais pour ma part lire d'abord
l'autre roman sorti en même temps chez jigal, à savoir "sur nos cadavres ils dansent le tango" de Maurice Gouiran,que j'avais découvert avec " Franco est mort jeudi" et que j'avais adoré!


Pierre faverolle 15/06/2011 08:45



Salut Bruno, en fait j'hésitais entre le tango et le cramé. N'étant pas danseur pour un sou, je me suis brulé les ailes. Sérieusement, on me l'avais conseillé, ce cramé, en me mettant en garde :
Attention : chaud devant ! Malgré cela, j'en ai pris plein la gueule ! Jigal : une maison d'édition incontournable ? apparemment oui !


A bientôt



gridou 14/06/2011 10:00


Décidément sympa cette maison d'édition...Et j'ai évidemment envie de découvrir celui-ci. Tu sais que tu as toute ma confiance Pierre !


Pierre faverolle 14/06/2011 14:16



Merci beaucoup Grisou, à bientôt pour en parler, alors !



Claude LE NOCHER 13/06/2011 16:43


Salut Pierre...
Eh bien, plus le choix : il faut que je place celui-là dans mes prochaines lectures !
Amitiés.


Pierre faverolle 13/06/2011 17:51



Salut Claude, il ne faut pas que tu hésites ! celui là est brutal et j'attends avec impatience ton avis ! ça va faire mal !


A bientôt



Oncle Paul 13/06/2011 15:16


Bonjour Pierre,
Bon j'arrive en retard, comme souvent. Je voulais justement te parler de Et la mort se lèvera, pour t'en dire du bien et qui est dédié à José Giovanni. Mais l'auteur en a mieux parlé que ce que
j'aurai pu faire, normal c'est l'auteur, aussi je ne peux qu'en ajouter une couche en te conseillant de le lire rapidement.
Amitiés


Pierre faverolle 13/06/2011 15:59



Bonjour Paul, Je crois bien que je l'avais acheté suite à ton article. Je n'ai pas pris le temps de le lire mais je vais me rattraper !


A bientôt



jacques olivier Bosco 13/06/2011 13:14


Y'a pas de quoi. Et je vais vous faire un aveu, j'aime beaucoup les polars et je m'intèresse à tous ce qui sort en France. J'avoue que je j'avais lu avec interèts vos ( trés bons) papiers sur les
bouquns de Chainas et que j'étais jaloux. Le mien, " Et la mort se lèvera" était sorti en même temps qu'Anasthasia, je me disais qu"il n'avait pas dû vous plaire. Tout ça pour vous dire; n'arretez
pas, continuez vos papiers sur ces fabuleux bouquins que sont les romans noirs et les polars, et nous, les auteurs, avons besoins de "biscuits" pour produire, et aussi, il faut le dire, de
reconnaissance pour continuer. Alors c'est tout, à bientôt pour mon prochain bouquin, j'espère.
JOB


Pierre faverolle 13/06/2011 15:51



Promis, je lis votre premier roman cet été ... et le prochain ... et le prochain ! Effectivement, Chainas est un de mes auteurs préférés. Depuis Versus (que j'ai lu un été !), je lis tous ses
livres. Comme bien d'autres, français ou autres. J'ai même bien aussi faire la promotion de petits auteurs ou petites maisons d'édition françaises car j'y trouve beaucoup de talents. Bref, que du
plaisir ! Et pourquoi pas faire une petite interview pour Black Novel quand j'aurais lu Et la mort se lèvera ?


A bientôt



Bosco Jacques Olivier 13/06/2011 10:30


Bjour merci pour votre chronique et aussi d'avoir parlé des personnages féminins. Il s'agit en effet d'un roman noir fait pour le divertissement; "happer le lecteur et l'emmener ou l'on veut et à
la vitesse que l'on veut, le sortir de son quotidien, le faire réver..." mais il y a aussi un petit à côté sociologique, de méchantes piqures de rappel sur ce que vivent les habitants de certaines
cités (vieux, jeunes ou gamins) et sur l'état d'esprit de nos notables quand à leur sentiment d'impunités. Quoique, cela fasse aussi parti de la stratégie quant à l'attachement du lecteur au roman
et au personnage; on est tous révolté contre les injustices (enfin j'espère), ça nous enrage parfois et l'espoir, ou le rève, d'imaginer qu'un mec comme le cramé pourrait surgir et régler leurs
comptes à ces saloperies, ça soulage et ça fait du bien, autant qu'une bière bien fraiche sous la tonnelle aprés une journée à pousser des brouettes en machant de la poussière.
Heureux de votre intéret, lisez mon premier roman, il est écrit dans un autre style, mais on y retrouve le même genre de personnage, attachants et vrais, parce que violents et entiers, ayant des
valeurs, et allant jusqu'au bout...
JOB


Pierre faverolle 13/06/2011 11:29



Bonjour JOB, je suis toujours heureux d'accueillir un auteur ici. Je dois vous remercier pour ce roman coup de poing, qui m'a pris aux tripes. A la limite, je vous en veux d'avoir inventé le
chapitre 37 ... qui m'a fait mal. Effectivement, j'aurais pu parler du contexte un peu plus en détail, même si je considère que la qualité de votre livre, c'est de ne pas juger. Je vais lire
votre premier puisque je l'avais acheté l'année dernière ... donc je vais emmener ça sur la plage ! Merci encore d'être passé par là, ça m'encourage à continuer ce blog. De votre coté, continuez
à nous écrire de bonnes histoires avec des personnages forts.


A bientôt



bibliofractale 12/06/2011 21:49


Avis que je partage entièrement ! Un auteur à suivre, sans aucun doute.


Pierre faverolle 13/06/2011 07:36



Bonjour, j'ai été très agréablement surpris ... et en regardant dans ma bibliothèque, je me suis aperçu que j'avais son premier roman. C'est un auteur que je vais suivre de près.


A bientôt



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