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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 18:30

Nous continuons le petit tour des sorties 2013. Voici celles de 13ème note pour les mois de janvier et février 2013. Ne ratez pas Raging bull, que j'ai lu il y a un petit moment.

Raging Bull, Jake LaMotta – Collection PULSE (2 janvier) : 

Raging-bull.gifCeux qui pensent connaître Jake LaMotta après avoir vu le film de Scorsese avec Robert De Niro savent en réalité très peu de choses sur l’incroyable odyssée humaine que fut la vie de ce fils d’émigrés italiens aux États-Unis.

Martin Scorsese a choisi de n’adapter que la seconde partie de la vie de LaMotta. Mais, sans

connaître sa jeunesse et ses secrets courageusement révélés dans ce livre, comment comprendre le parcours de l’auteur-boxeur marié à une beauté du Bronx et pourtant plongé dans la plus grande solitude ? Une enfance misérable et une adolescence dans l’ombre de la Mafia le mènent très jeune en maison de redressement puis en prison.

Coaché par un curé, c’est derrière les barreaux que Jake commence à boxer. Dès sa sortie, il n’a plus qu’une idée : devenir champion. Il s’entraîne et combat jusqu’au jour où il ne lui manque plus que le titre de champion du monde. Mais le boxing business appartient à la Mafia qui, pour le punir de l’avoir ignorée tant d’années, lui impose de s’allonger devant un adversaire. La rage au coeur, Jake finit par accepter pour accéder au combat qui le sacrera champion. Ce combat sera celui contre Marcel Cerdan, à qui il prendra le titre de champion du monde des poids moyens en 1949.

Après la gloire viendront la chute, la ruine et la prison, l’alcool et les femmes, la drogue. Jake

LaMotta finira par sortir de ce gouffre sans fond en se lançant dans le métier d’acteur. Une sculptrice qui prenait le moule de ses mains en 1992 a confirmé un détail souligné dans le film de Scorsese : les mains de Jake, petites et délicates, n’expriment aucune violence. Une caractéristique extraordinaire, compte tenu des coups qu’elles ont assénés, des douleurs qu'elles ont infligées. 

Travaux Forcés, Mark SaFranko (2 janvier) 

Travaux forcés se situe chronologiquement entre Dieu bénisse l’Amérique et Putain d’Olivia. Le héros, en quête de reconnaissance et d’intégration sociales passant par des travaux gratifiants et des conquêtes féminines, s’y essaie à une multitude de jobs sans lendemain. S'abêtissant à balayer des débris de verre dans une brasserie, Max rêve d’être le prochain Dostoïevski. Même s’il plane considérablement, cet homme bourré de contradictions est ambitieux et plein de talent – mais certes pas pour la livraison d’annuaires ou le rapprochement de listings numériques.Afin d’échapper à la conscription qui l’enverrait au Vietnam, SaFranko s’inscrit à l'université qu'il quitte illico pour vendre des billets de cirque par téléphone.

Mal dans sa peau, écorché vif, incapable de rencontrer l’âme soeur, ses activités vont de la lecture assidue à la masturbation frénétique. Révolté contre les valeurs et le Système américains qu'il subit au quotidien, ses commentaires acerbes sont toujours pleins d’un humour ravageur. Formaté en chapitres courts, enlevés et finement écrits, le nouveau roman de Mark Safranko déroule des expériences de vie souvent dégradantes sans qu’il s’épargne jamais. Ce sont cette sincérité, ce courage qui rendent ses écrits si puissants, son personnage si attachant – et comique jusque dans les situations les plus désespérées. Aux dernières pages du livre, la lumière éblouissante, le semblant de rédemption incarnés dans les formes pulpeuses et le charme ravageur d’Olivia ne seront que les prémisses de la nouvelle descente aux enfers, d’une violence inouïe, relatée en détail dans Putain d’Olivia

American Desperado, Jon Roberts et Evan Wright (6 février) 

Ce livre retrace l’histoire intense et prenante de John Riccobono alias Jon Roberts. Né dans la famille Gambino, affiliée à la Mafia new-yorkaise, il a 7 ans quand il est pour la première fois témoin d’un meurtre - en l’occurrence commis par son père. Suivant la voie qu’on lui a tracée, il fait ses armes comme soldat du clan Gambino puis s’engage dans les marines et donne libre cours à sa sauvagerie naturelle au Vietnam. On le retrouve à 22 ans à NewYork, où il supervise le racket des boîtes de nuit pour ses oncles. La vague disco/cocaïne va lui donner des idées et lui faire découvrir Miami, où il devient en quelques années l’un des correspondants les plus actifs du cartel deMedellín, écoulant de 50 à 100 kg de poudre par mois. Son carnet d’adresses se lit comme un bottin mondain d’un genre particulier : Manuel

Noriega, Richard Pryor, O.J Simpson, Meyer Lansky, Richard Dreyfus, Pablo Escobar...Au volant de voitures de luxe, entouré des plus belles femmes, il est aussi charmant qu’amoral et meurtrier. Partageant son lit avec un cougar de 100 kilos, il est accompagné d’un garde du

corps baptisé « la Chose » à qui il fournit des stéroïdes destinés à ses chevaux de course. Scrupuleusement documenté, ce livre écrit en collaboration avec Evan Wright permet non seulement de découvrir la vie d’un criminel extraordinairement audacieux, mais aussi de plonger dans l’une des périodes chaotiques de l’histoire de l’Amérique. Un beau matin de 1986, le FBI fait une descente chez Jon Roberts. S’ensuit une cavale qui durera 5 ans. Pris, Jon bénéficiera d’une peine réduite en échange d' informations. Emporté par un cancer le 28

décembre 2011, il n’aura survécu que deux mois à la publication de ses Mémoires.

Du Bleu sur les veines, Tony O’Neill – Collection PULSE (13 février) 

Notre héros a de gros soucis : une femme qu’il connaît depuis deux jours à peine, pas de job, pas d’argent et un budget stupéfiants ayant explosé depuis longtemps toutes les limites, dans un Los Angeles qui n’a jamais fait de concessions aux égarés. Mais là n’est pas le principal interêt du roman. Oui, on y trouve des histoires de deals, d’amitié perdue, de souffrance, de sexe et de relations superficielles. Bien sûr il y a les motels pourris, les crises de manque, les cliniques de méthadone et la recherche permanente du « high ».

Et non il n’y a aucun romantisme, aucune morale, et pas de retour des ténèbres vers la lumière.Mais ce douloureux et croissant besoin de dope, qui vous fait pactiser avec le Diable, est aussi une quête sans fin pour trouver un sens à sa propre vie.

Et c’est ce qui propulse Du bleu sur les veines bien au-delà du traditionnel parcours fléché

« addiction / rédemption ». L’aventure d’un musicien- écrivain qui cherche en lui-même ce qu’il y a de plus précieux : un fragment d’amour oublié mais intact - amour-propre, amour pour les autres.

Et l’amour autorise l’espoir, même si aucun message explicite dans ce sens ne nous est fourni par cette histoire magnifiquement racontée où Tony O’Neill, sans effort apparent et avec beaucoup de finesse, nous fait apprécier le pouvoir et la grâce de l’écriture. Car après la seringue c’est le stylo qui a changé sa vie, cette fois en bien. Comme le dit Charles Bukowski dans Love is a dog from hell : « les gens ne sont pas bons les uns envers les autres ». On pourrait ajouter : les gens sont rarement bons envers eux-mêmes. Du bleu sur les veines nous le rappelle page après page.

 

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Published by Pierre faverolle - dans Info du mardi
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Yspaddaden 18/12/2012 21:37

Voilà encore un très alléchant programme...

Pierre faverolle 18/12/2012 21:44



Salut Ys, Ils font du bon boulot, ils éditent Dan Fante et en plus, ils annoncent Raging Bull. Si tu ne l'as pas lu, jette toi dessus ! Noir garanti !


A bientôt



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