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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 12:38

Ange-noir.jpgDepuis le temps que je dois lire un livre de John Connoly … eh bien … ce n’est pas moi qui l’ai lu. Voici donc un nouvel invité sur Black Novel, et pas n’importe quel invité. J’ai nommé Jean Dewilde. Rencontré, comme sa compatriote Foumette, sur un site dit social, ce jeune homme (ça va lui faire plaisir) dit ce qu’il a sur le cœur. Quand il aime, il sait le dire et bien. Quand il n’aime pas, il le dit aussi et avec des arguments de poids !

Bref, une grande gueule ? Pas du tout ! Bien que nous ne nous soyons pas encore rencontrés, je suis sûr que l’on s’entendrait bien … autour d’une bière belge bien sûr. Car c’est quelqu’un qui adore la littérature noire, qui adore en parler et qui adore la faire partager. Lui aussi, je le pousse à ouvrir son blog, car il m’épate quand il nous parle de ses lectures.

Pour ce roman ci, il n’a pas aimé. De grâce, lisez jusqu’au bout, et vous aurez envie de vous confronter à son avis, que vous trouverez généreux, je pense. Ma seule requête envers toi, Jean, c’est que j’aimerais que tu m’écrives un de tes avis dont tu as le secret sur un livre que tu as aimé. D’accord ? En attendant, voici la chronique de Jean:

Un ami polardeux m'a dit: "ce n'est pas le meilleur de Connolly". Je le crois sur parole. En réalité, la quatrième de couverture résume les deux cents premières pages du livre qui en compte près de six cents et le prologue donne le ton global de l'ouvrage.
Si la lecture du prologue ne vous botte pas, n'allez pas plus loin. Cette recommandation tout à fait subjective s'adresse à un lectorat peu friand de fantastique. Je me suis baladé avec grand plaisir jusqu'à la page 197 à laquelle débute le chapitre 8 qui débute comme suit: "La petite ville de Sedlec se trouve à une cinquantaine de kilomètres de Prague. Rebuté par des faubourgs mornes, le voyageur sans curiosité ne daignera peut-être pas y faire halte...".

Choc et choix: soit je refermais le livre sans autre forme de procès, soit je me plongeais dans l'histoire du Royaume de Bohême en plein Moyen Age. J'ai accepté le défi à mon corps consentant.

Ange noirJ'ai pris soin de vérifier la véracité de ce qui m'était conté; je me suis familiarisé avec un vocabulaire qui ne fait pas partie de mon patrimoine verbal quotidien (ossuaire, ostensoir, brigantine, tassette, église conventuelle...) et je me suis intéressé de près aux frères lais, aux guerres hussites, au livre d'Enoch, aux anges déchus, aux Croyants.

Bien m'en prit car si vous escamotez ces pans d'histoire, vous ne comprendrez plus grand-chose à l'intrigue. Il est entendu que Connolly ne les a pas écrits pour le seul plaisir d'allonger son ouvrage. Ils ont tous leur raison d'être.

Pléthore de personnages brossés grossièrement. Renoncez à vous identifier à l'un deux, à éprouver sympathie ou révulsion pour un autre, c'est hors de propos à moins de lire sous l'influence de psychotropes ou avoir des penchants pour les moines cisterciens.
Dans les remerciements adressés par l'auteur, j'ai extrait: "l'arrière-plan historique de ce roman est fondé pour l'essentiel sur des faits et les monastères mentionnés existent bel et bien. En particulier, l'ossuaire de Sedlec est très proche de celui que je décris dans le livre, même s'il est beaucoup plus impressionnant. Les lecteurs intéressés peuvent en faire une visite virtuelle en consultant mon site web ( http://www.facebook.com/l/wAQHgjof7AQFpCweYSW5finL7_XJIdQxgmEqVMcQyqiV_gw/www.johnconnolly.co.uk). Cela étant, si vous avez la chance de vous trouver en république tchèque, Sedlec mérite vraiment la visite".

Pour celles et ceux qui ont une soudaine envie de faire un minitrip, voilà une destination inattendue et pleine d'attraits.

Pour ma part, le cocktail fait d'un gros doigt d'enquête policière classique, d'une louche de fantastique et d'un chaudron d'ésotérisme est particulièrement indigeste; l'intrigue perd de son épaisseur, s'effiloche et se désagrège au fil des pages. Les personnages, eux, peinent à tenir la distance.

Je serais de mauvaise foi en omettant de dire que l'écriture de Connolly est très agréable, il excelle dans des descriptions de lieux que j'ai relus tant c'était bien écrit; il me semble moins percutant dans les dialogues, du moins ceux-ci sont de qualité inégale.
Grand coup de chapeau au traducteur, Jacques Martinache.

Connolly est incontestablement maître pour créer une atmosphère glauque, oppressante, anxiogène. Il m'a mis très mal à l'aise à certains moments.

Si un jour mes pas me conduisent en Bohême, nul doute, je visiterai l'ossuaire de Sedlec en pensant à cet auteur talentueux et ambitieux, deux qualités que je lui reconnais spontanément.

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Published by Pierre faverolle - dans 2012
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commentaires

Richard 10/03/2012 21:09

Bizarrement et je ne sais pas pourquoi, je n'ai lu, de cet auteur, que ses livres pour les ados !
"Docteur, ça se soigne ??"

Pierre faverolle 11/03/2012 08:59



Un rhum le matin à la place du café, un cognac le soir à la place de la camomille.



ludovic 10/03/2012 11:36

parler d'un bouquin qu'on n'a pas aimé,tout en transmettant l'envie de le lire,belle performance !
je me joins aux autres commentateurs et trices pour rajouter mon grain de sel,puisque j'ai lu,je pense,tout Connoly,dans l'ordre de parution et je suis la transformation inéluctable de
Charlie"Bird"Parker depuis le meutre de sa femme et de sa fille,l'évolution du second rôle,"Le Voyageur",si on peut parler de fantastique dans l'oeuvre de Connoly,c'est surtout qu'il crèe un monde
de violence et d'hallucinations à l'intérieur duquel tourne littéralement Parker.
ces quelques mots,je m'arrète là,je suis intarrissable sur Connoly.

Pierre faverolle 10/03/2012 14:08



Non, non, continue, ça me passionne ! Donc, si je comprends bien, je peux proposer une lecture commune du premier et tout le monde va aimer ?


Merci d'être passé ! et merci pour Jean !



La petite souris 10/03/2012 10:08

belle chronique mon ami Jean ! Jean Marc à tout à fait raison. Il aurait été préférable de commencer par le premier de la serie " tout ce qui meurt" . personnellement j'avais beaucoup aimer "
laisser toute espérance" ( très beau titre d'ailleurs !), j'espère que tu les liras à l'occasion . Quand au fantastique il imprègne plus ou moins l’œuvre de Connolly selon les romans, mais sans
jamais tomber dedans à pied joints, ce qui donne à son œuvre son cachet si particulier. Precisions pour ceux qui iront à Quai du Polar, Connolly sera présent !

Pierre faverolle 10/03/2012 14:07



Merci de ton avis éclairé, Petite Souris !



Foumette 09/03/2012 22:37

Waouhhhhh...ça c'est une superbe chronique! Savoir s'exprimer de la sorte sur un bouquin pas aimé, j'admire!! Jean, a beaucoup de talent certes, je le savais mais là...j'en suis toute retournée! Il
est vrai que le livre n'est pas tentant mais je ressens une folle envie de le lire pour confronter mon avis à celui-ci, c'est dire que sa chronique vaut son pesant d'or!!!Bon...pour une bonne bière
belge je dis OUI!!!! Jean...fonce pour ton blog, je serai une de tes fans!! Pour te récompenser, je t'envoie des bises explosives de Foumette!!!

Pierre faverolle 10/03/2012 08:19



Trop fort ce Jean. Et quand il aime, on ne l'arrête plus non plus !



Cathy 09/03/2012 15:54

Dois-je comprendre que le fantastique est présent dans toute l'oeuvre de Connolly ?

Belle chronique de la part de Jean que j'ai eu la chance de rencontrer entre les étagères d'une librairie. Beau partage de saveurs noires. Son avis m'est toujours précieux, tout comme le tien
Pierre.
Et si vous allez boire une bière appelez moi ! ;-)

Pierre faverolle 09/03/2012 18:43



Salut Cathy, n'ayant pas commencé son oeuvre, je ne peux répondre. Il faudrait demander à Jean Marc Lahérrère. De ce que j'ai compris, le début du cycle de Parker est plutôt noir (d'ailleurs,
j'envisage de faire une lecture commune sur le premier de la série, mais chut !) et les suivants sont saupoudrés de fantastique. Comme c'est un auteur prolifique, j'ai beaucoup de retard.


A bientôt



Jean-Marc Laherrère 09/03/2012 14:27

Je suis un fan de Connolly.
Et je comprends parfaitement cet avis.
Car si pour moi c'est un excellent roman dans la série, c'est aussi celui qui laisse la plus grande part au fantastique.
Dans d'autres, le fantastique n'est qu'un assaisonnement qui relève le plat, ici il est presque au centre de l'intrigue.

Quoi qu'il en soit, j'aurais conseillé de commencer par le premier de la série qui met présente les personnages et décrit surtout la mort de la femme et de la fille de Parker, ainsi que la traque
de leur meurtrier. Une événement auquel il est fait référence en permanence dans la suite.

Pierre faverolle 09/03/2012 15:28



Salut Jean Marc. Merci de ce commentaire, d'ailleurs j'ai acheté le premier sur ton conseil, mais je ne l'ai pas encore lu ! J'essaierai de le décider à lire le premier, Tout ce qui meurt.


Merci d'être passé et à bientôt



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