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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 20:30

Crucifix et crustacésLes éditions Papier libre éditent une collection de polars en format de poche avec des couvertures en noir et blanc fort belles. Ce roman de Hervé Mestron sorti au mois de novembre de l’année dernière vaut le détour.

Le père Walter est un curé qui forme de nouveaux curetons dans la paroisse de Saint Ouen. Il les prend alors qu’ils sont sur le point de tomber dans la délinquance et leur montre la voie sacrée du seigneur. Puis ils les envoie en province faire leurs armes. C’est le cas de Joe, à qui Walter va confier une mission : Denisov le précédent cureton a été envoyé à Montmirail. A la fin d’une rave non autorisée par les autorités, Denisov a été écrasé par une voiture qui ne s’est pas arrêtée. Le père Walter demande à Joe d’aller enquêter, d’autant plus que la police a classé l’affaire comme un regrettable accident.

Daniel Bensila est un écrivain, ou plutôt un scénariste. Les droits du dernier de ses romans (dont le titre est Le Kat) vient d’être acheté par un producteur qui s’appelle Krieber et qui a produit et réalisé deux films : Veller et Confessions d’une sainte. Ces films sont un peu particuliers avec une vision violente et décalée de l’humanité. Daniel travaille sur l’adaptation du roman mais celui-ci ne verra pas le jour. Pour se venger, il vole la MG de Krieber et au détour d’une rue, écrase une jeune femme. Pour ne pas se faire arrêter, il commet un délit de fuite.

Au fil de ces deux histoires qui n’ont aucun rapport l’une avec l’autre, nous allons rencontrer toute une panoplie de personnages, que ce soient la famille Affatigati dont l’entreprise vend des objets du culte, une ex star du cirque naine et acrobate, des gendarmes, des propriétaires de bar, une femme de ménage, le maire de Montmirail qui tient une entreprise d’engins agricoles, et un mystérieux personnage qui a été témoin de l’accident. Et les morts vont pleuvoir dans cette partie de la Seine et Marne, en apparence bien tranquille.

Hervé Mestron n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a écrit plus de 30 livres. Et on ressent à la lecture un savoir faire pour mener une intrigue avec des personnages hauts en couleurs. Le roman est écrit en courts chapitres ce qui permet une lecture rapide, et comme il se passe toujours quelque chose, on ne s’ennuie jamais. J’ai particulièrement apprécié l’humour désabusé de Daniel dans les passages écrits à la première personne. Il détaille comment un auteur tente de vivre de sa plume tout en sachant que le monde du cinéma se fout des œuvres.

Ce roman regorge de personnages que j’ai adorés. Une des grandes qualités de ce livre est d’avoir fait vivre une bonne dizaine de personnages dont les traits de caractères sont décrits en un paragraphe. Et c’est tout. Avec des dialogues qui collent à l’image que l’on se fait d’eux, la lecture devient très plaisante. On peut ajouter à cela l’ambiance petite ville, où tout le monde sait quelque chose, ou croit savoir. En cela, les dialogues, pleins de sous entendus sont remarquablement réussis.

J’ai apprécié aussi le personnage de l’écrivain, sorte de double de l’auteur. C’est amusant de lire le B-A-BA d’une intrigue réussie, où il détaille qu’il faut une intrigue n°1 et qu’il faut ajouter une intrigue n°2 pour tenir le lecteur en haleine. Je regrette juste la fin brutale qui part dans tous les sens, comme s'il fallait se débarrasser des gens. Avec des personnages désenchantés, n’espérant rien, et une intrigue fort bien écrite et décrite, ce roman, dédié à Pascal Garnier est un bon polar très divertissant d’une collection que je vais surveiller de près.

L'avis d'Oncle Paul est ici.

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Published by Pierre faverolle - dans 2011
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commentaires

Antoine 13/03/2014 14:23

L' humanité des personnages déglingués, n' est pas sans rappeler les personnages de James Crumley...
Par contre, j' ai du mal avec les fins des romans de Mestron, qui accompagne toujours ses personnages losers avec tendresse, puis les congédie brutalement en quelques pages, un peu comme un clodo que l' on trouve marrant, que l' on invite chez soi et qui fini par vomir sur la moquette...

Pierre FAVEROLLE 14/03/2014 21:08

Bel éloge !

Antoine 14/03/2014 12:20

L' humanité des personnages déglingués, n' est pas sans rappeler les personnages de James Crumley...
Par contre, j' ai du mal avec les fins des romans de Mestron, qui accompagne toujours ses personnages losers avec tendresse, puis les congédie brutalement en quelques pages, un peu comme un clodo que l' on trouve marrant, que l' on invite chez soi et qui fini par vomir sur la moquette...
....
J' ai peur d' avoir été un peu lapidaire, mais la première phrase est un hommage, vu l' admiration que je porte à J.Crumley. Hervé Mestron a cette veine là, cette verve là, on sent qu' il aime les gens pour et tels qu' ils sont et les décrit d' une façon humaniste et pittoresque.
Ses personnages sont attachants, et, peut-être est-ce une parabole de la vie telle quelle est, mais dès que l' on kiffe ses personnage, il nous en prive souvent d' une façon assez abrupte...C' est valable pour "Crucifix et crustacés", comme pour " le clebs" un de ses polars plus ancien.
Je recommande néanmoins cet auteur plein de fantaisie, qui en travaillant une trame un peu plus aboutie pourrait, et je ne mache pas mes mots, être un J.Crumley français.

Pierre FAVEROLLE 13/03/2014 20:46

Oui, ce n'est pas faux. Bien que je l'ai lue il y a longtemps, je m'en rappelle encore, donc ce fut une lecture agréable.
A bientôt

David Mourey 13/02/2011 09:48


Bonjour, un interessant point de vue complémentaire de celui que j'ai lu chez Gwenaelle. Ceal aide à se décider à lire ou pas le livre. Merci


Pierre faverolle 13/02/2011 10:07



Merci du compliment, et à bientôt pour en discuter



Oncle Paul 06/01/2011 19:35


Merci pour le lien, Pierre, d'autant que nos accroches et nos notules sont complètement différentes. Ainsi les visiteurs peuvent lire deux avis qui se rejoignent certes mais abordés de façon
différente
Amicalement


Pierre faverolle 06/01/2011 20:11



Bonsoir Paul, effectivement, il est intéressant de voir deux ressentis différents et les aspects que nous (toi et moi) voulons mettre en valeur dans nos billets. Car on ne peut pas tout dire en
40 lignes sinon quelle serait l'utilité d'écrire un livre ? Ouh la la, en 2011, je suis philosophe, ça va pas moi !


A bientôt



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