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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 17:45

Criminels ordinairesRevoici donc Larry Fondation, après la sortie l’année dernière de Sur les nerfs, une sortie fort remarquée grace au style de l’auteur, sans concession, fait à base de saynètes. Sur les nerfs abordait les années 80 à Los Angeles, Criminels Ordinaires aborde les années 90.

Quatrième de couverture :

La flash-fiction de notre époque : rapide, violente et sexy.

Après Sur les nerfs (Fayard, 2012), Larry Fondation ouvre un nouveau chapitre d'une vaste biographie de Los Angeles, qui se veut aussi l'histoire de la pauvreté au cœur de la plus grande démocratie du monde.

Ses criminels sont les citoyens ordinaires de la jungle urbaine. Par un passage à l'acte, ils libèrent le mal tapi en eux. Délit de fuite, racket, mensonge, cavale éternelle. En quelques mots, simples et flagrants comme un délit, Larry Fondation fait surgir un concentré de réalité. Et nous embarque avec lui.

Médiateur de quartier, il ne nous parle pas de la vie comme dans les livres, mais comme nous la vivons.

Mon avis :

Larry Fondation parle de sa ville au travers de cartes postales, de moments volés, de scènes probablement réelles. Il n’y a donc pas à proprement parler d’intrigue à suivre, de personnage principal à aimer ou détester. Fondation nous montre (plus qu’il nous décrit) la vie des petites gens, leur quotidien fait de sexe et de violences.

A nouveau, j’ai été emporté par le style efficace et bigrement évocateur de cet auteur. En une phrase, il va vous placer dans un bar, au milieu de poivrots ou de junkies, et en une phrase, l’un d’eux va se prendre trois balles dans le corps. Ce roman est plein de sexe comme si ce n’était que le seul échappatoire à un quotidien dominé par les émeutes de Los Angeles, mais c’est du sexe sale, violent, méchant. De même, la moindre scène est pleine de rage, de sang, de morts.

C’est un roman aussi court que le précédent, 150 pages de fulgurances, d’instantanés comme des polaroids que l’on regarderait. La différence, c’est que Larry Fondation nous plonge la tête dans le seau, il n’apporte pas de message, ce n’est pas son rôle ; Il agit comme un journaliste qui ne prend pas position pour montrer le monde tel qu’il est réellement.

Sur-les-nerfs.jpgComme pour le premier roman, si je suis ébahi devant le talent d’évocation de cet auteur, je dois dire que j’ai du mal à me raccrocher à une intrigue ou un personnage. Cela me donne l’impression de lire des nouvelles, dont le contexte est le même. Et Criminels Ordinaires me parait plus abordable que Sur les nerfs, si le talent d’évocation de Larry Fondation est toujours évident et flamboyant, j’ai tout de même un peu de mal à me passionner pour un roman qui ne me parait pas en être un.

Que cela ne vous rebute pas, Larry Fondation est probablement l’un des auteurs contemporains les plus doués de sa génération, à l’égal d’un Donald Ray Pollock ou un Eric Miles Williamson, et vous devriez essayer. Il se pourrait que cela soit pour vous un choc comme vous en aurez rarement ressenti.  

Sur les nerfs vient de sortir en poche, au Livre de poche.

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Published by Pierre faverolle - dans 2013
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commentaires

The Cannibal Lecteur 05/08/2013 20:56

Intéressant, mais je ne vais pas l'ajouter... du moins, je vais essayer de résister ! Tu es le roi des tentateurs, toi ! Le genre de blog qu'il faut éviter, comme celui de Gruz ! Vous allez me ruiner ! :)

Pierre FAVEROLLE 07/08/2013 18:37

YES !

The Cannibal Lecteur 06/08/2013 19:46

Pfff, vous avez réussi votre coup au-delà de toutes espérances !!! :)

Pierre FAVEROLLE 06/08/2013 08:42

c'est notre objectif !

gruz 01/08/2013 10:30

Ben tu as encore réussi ton coup, ça donne fichtrement envie !

Pierre FAVEROLLE 04/08/2013 09:01

on est d'accord, Didier. Larry Fondation est pétri de talent mais on aimerait qu'il écrive un roman avec des personnages auxquels on pourrait se raccrocher. Amitiés

Didier 03/08/2013 17:08

salut, je viens de terminer Sur les nerfs (à peu près une heure de lecture) et je te rejoins Pierre, c'est fulgurant mais on se raccroche à rien et donc pour moi au bout du compte ça ne me donne vraiment pas envie de lire le nouveau. Ce ne sont pas des nouvelles mais plutôt des scènes hyper courtes. Grosse frustration. A++

Pierre FAVEROLLE 02/08/2013 09:53

Tant qu'à essayer, autant commencer par le premier qui est sorti en poche : Sur les nerfs
Amitiés

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