Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 20:30

CinémaniaquesAvoir lu Rictus m’aura donné l’occasion de découvrir Jean Pierre Ferrière et d’être en contact électronique avec lui. Il m’a proposé de lire ce recueil qui reprend trois de ses romans qui sont : Cinémassacre, Le bel imposteur et Le trouble-crime.

Cinémassacre :

Françoise Constant est une actrice sur le déclin, après avoir tourné un film qualifié de maudit qui s’appelle Des amis de passage, réalisé par son ex-mari Jean-Gabriel Ernal. Ce film, descendu par la critique au moment de sa sortie, va être diffusé à la télévision, et les avis sont unanimement élogieux. Le lendemain, un jeune reporter Bruno Merlier est chargé de faire un article sur le film et rencontre Françoise et Jean-Gabriel pour récolter des anecdotes sur ce film maudit. Quelques jours plus tard, Françoise est retrouvée morte dans sa baignoire. Bruno va enquêter sur la disparition tragique de Françoise, qui sera bientôt suivie par les autres personnes ayant travaillé sur Des amis de passage.

Le bel imposteur :

Nous sommes à la veille de la cérémonie des Triomphes du cinéma français, l’équivalent des oscars américains. La présidente de la cérémonie est la célèbre actrice Doris Arnal, accompagnée de son mari Lionel Vignon, auteur raté en mal d’inspiration. Reine, l’impresario de de Doris, lui propose de signer une pièce de théatre qu’elle a acheté à une auteur qui veut rester dans l’anonymat. Cela gène Lionel, qui est un homme honnête, et il cherche à en savoir plus. Il découvre que l’auteur s’appelle Bernard Berthelot et qu’il a été assassiné.

Le trouble-crime :

Philippe et Maxime se rencontrent lors de leur service militaire à Sarrebach, à coté de Strasbourg, et tombent amoureux l’un de l’autre. Quand Maxime est libéré trois mois avant Philippe, ils se donnent rendez vous à Paris. Philippe, provincial, se retrouve dans la capitale, et Maxime n’est pas là à l’attendre. Arrivé chez Maxime, Philippe se rend compte que son ami a disparu depuis quelques jours. Grâce à la gardienne, il peut entrer dans l’appartement de Maxime, et voit qu’il y a eu cambriolage. Bien vite, Philippe s’aperçoit que son ami est impliqué dans des activités douteuses et illégales telles que le chantage et le vol.

 

Ces trois romans sont des rééditions de romans parus en poche : Cinémassacre (1973-Fleuve Noir), Le bel imposteur (1986-Livre de poche), Le trouble-crime (1985-Fleuve noir). C’est une riche idée de ressortir ces polars en recueil. Mais revenons à ces trois histoires, ces trois mystères.

Le point commun de ces trois romans, en dehors du contexte qui se situe dans le milieu du cinéma (c’est moins le cas pour le trouble-crime), tient dans le talent de l’auteur à bâtir des intrigues solides en partant d’une idée simple. C’est remarquablement bien écrit, avec juste ce qu’il faut de descriptions pour nous immerger dans l’histoire et des dialogues toujours justes et remplis d’humour … noir ou cynique. A chaque, la recette est la même : ça commence par un meurtre ou un mystère dans lequel un personnage va être impliqué, et tout va vite se compliquer jusqu’à un dénouement final totalement inattendu.

Et puis, on sent que Jean Pierre Ferrière aime ses personnages, qu’il ne les juge pas, même si certains sont parfois (voire souvent) odieux. Dans Cinémassacre, les 50 premières pages montrant la vie de l’actrice déchue sont tout simplement superbes, pleines de tendresse, comparées à celles des acteurs en activité ou des journalistes, plus intéressés par leur carrière que par les drames qu’ils décrivent dans leurs journaux.

Intrigue disais-je : Elle est géniale dans Cinémassacre. Dans Le bel imposteur, on retrouve toute la faculté de Jean Pierre Ferrière à la rendre complexe et machiavélique, même si je regrette que le personnage de Lionel Vignon soit si lisse et trop gentil. Dans le trouble-crime, elle est complexe à souhait avec un personnage principal naïf qui va de découverte en découverte, et le suspense est excellemment entretenu.

Parfois, on se demande pourquoi les littératures françaises policières des années 70-80 ont tant été décriées, traitées de sous littérature. C’est foncièrement injuste, ces trois romans tiennent la comparaison haut la main avec beaucoup de polars actuels, en étant moins démonstratif, moins sanglant. C’est très divertissant, toujours bien écrit, avec beaucoup d’inventivité et une psychologie des personnages très réaliste. Si vous ne connaissez pas, il faut absolument que vous lisiez ces romans que l’on appelait romans de gare. Il est grand temps de leur rendre hommage.

Une chronique de Rictus sorti aux éditions Plon dans la collection Noir Rétro est ici.

Un grand merci à M. Jean Pierre Ferrière pour cette lecture.

Partager cet article

Repost 0
Published by Pierre faverolle - dans 2011
commenter cet article

commentaires

Oncle Paul 14/03/2011 09:39


Bonjour Pierre
Je suis d'accord avec Claude, mais peut-être t'en serais tu douté. Jean-Pierre Ferrière reste un grand du roman policier/Noir, et il est bon de le retrouver même si ce sont des rééditions.
Amitiés


Pierre faverolle 14/03/2011 11:57



Bonjour Paul, finalement, ce qui compte c'est le plaisir de la lecture, quelle que soit sa date de publication !


A bientôt



Claude Le Nocher 14/03/2011 08:24


Eh oui, mon cher Pierre, ces romans-là étaient diablement bien écrits, sur des intrigues moins tarabiscotées que souvent aujourd'hui, mais très efficaces car fluides. Certes, je suis de parti-pris,
mais Jean-Pierre Ferrière reste un auteur à lire et à relire.
Amitiés.


Pierre faverolle 14/03/2011 09:16



Salut Claude, intrigues moins tarabiscotées ? Pas sur. Jean Pierre Ferriere nous mène par le bout du nez et la chute est toujours très inattendue. Cela procure un très grand plaisir de lecture.
Amitiés


A bientôt



Présentation

  • : Le blog de Pierre Faverolle
  • Le blog de Pierre Faverolle
  • : Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com
  • Contact

Sur ma table de nuit ...

Le blog reste ouvert.

Dorénavant, les nouveaux billets seront :

http://blacknovel1.wordpress.com/

   

Recherche

Archives

Catégories