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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 17:11
Oldies : Le chien qui vendait des chaussures de George P.Pelecanos (Gallimard – Série Noire)

Quand j’ai créé cette rubrique Oldies, c’était aussi pour lire les premiers romans des auteurs que j’adore. C’est le cas de George P.Pelecanos, et ce roman n’est pas son premier, mais c’est le premier à être paru en France. J’en profite aussi pour dédicacer ce billet à un des grands fans de George Pelecanos, à savoir Vincent Garcia.

L’auteur :

D'origine grecque, George Pelecanos est né et a grandi dans un quartier ouvrier (avec une forte population noire) où son père tenait un snack. Âgé de 17 ans, il blesse un ami avec une arme à feu et manque de le tuer … En 1981, il crée Circle Films, une société de distribution de films, et commence à écrire la nuit … Il commence par écrire des romans à la première personne dont le personnage principal est Nick Stefanos, un Grec de Washington qui travaille parfois comme détective privé. Ainsi est né A Firing Offense (paru en français sous le titre Liquidations), qu'il envoie en 1990 à une maison d'édition qui le garde dans sa pile de manuscrits non publiés durant un an. Mais il en ressortira finalement et paraîtra en 1992. Suivront Nick's trip (Nick la galère) et Down by the River Where the Dead Men Go (Anacostia River Blues), dont Stefanos est le héros ; puis Shoedog (Le Chien qui vendait des chaussures).

Pelecanos adopte ensuite un nouveau style et élargit le spectre de sa fiction avec le « D.C. Quartet », souvent comparé au L.A. Quartet de James Ellroy, en ce qu'il entremêle sur plusieurs décennies des personnages issus de diverses communautés évoluant dans un Washington en pleine mutation. Il écrit désormais à la troisième personne et relègue Stefanos dans un rôle secondaire. Il crée alors sa première équipe d'enquêteurs « poivre et sel », Dimitri Karras et Marcus Clay.

The Big Blowdown (Un nommé Peter Karras) se passe une génération avant l'apparition de Karras et Clay dans les années 1950 ; Pelecanos y suit les vies de plusieurs dizaines d'habitants de Washington, traçant les contours du visage changeant de la capitale américaine à cette époque. King Suckerman se déroule en 1970 et est souvent vu par les fans comme le meilleur livre de George Pelecanos. Il y installe le basket-ball comme thème récurrent de ses romans, le sport apparaissant souvent chez lui comme le terrain d'une coopération possible entre les races. Il montre aussi l'envers de ce possible : le terrain de basket est aussi le lieu des conflits non résolus... Dans ce cas, les comportements violents et criminels opposent les participants dans des micro-intrigues qui innervent le récit. The Sweet Forever (Suave comme l'éternité, 1980) et Shame the Devil (Funky Guns, 1990) achèvent le « quartet ».

En 2001, une nouvelle équipe de détectives privés, Derek Strange et Terry Quinn, voit le jour dans Blanc comme neige, qui sera suivi de Tout se paye et Soul Circus. Bien que ces livres aient eu un succès critique et qu'ils aient assis la position de l'auteur parmi les meilleurs auteurs de romans policiers, ils n'ont pas créé le même culte que le quartet. Ils poursuivent le travail critique et analytique de l'auteur sur le situation de conflit social et racial permanent entre les communautés sur le territoire de Washington.

Peut-être sensible aux critiques de ses lecteurs, Pelecanos ramène Derek Strange à sa jeunesse dans le Washington des années 1950 avec Hard Revolution (2001). Pelecanos joint au livre un CD, en faisant l'un des premiers romans qui incluent leur propre bande son. En 2005, Pelecanos publie Drama City.

Pelecanos a travaillé à l'écriture et la production pour HBO avec The Wire (Sur écoute). Il est aussi le scénariste de Treme produit par HBO, qui raconte les aventures de plusieurs musiciens à la Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina. Depuis 2006, Pelecanos vit dans une banlieue aisée de Washington, à Silver Spring avec sa femme et ses trois enfants. (Source Wikipedia)

Oldies : Le chien qui vendait des chaussures de George P.Pelecanos (Gallimard – Série Noire)

Quatrième de couverture :

Constantin est infiniment disponible, doux et tellement dangereux. Il a vu tant de choses que plus rien ne le touche. Revenu à Washington après dix-sept années d'errance à travers le monde, il joue une nouvelle fois son destin où d'autres ne feraient que passer. Il suffit parfois d'un rien, de lever le pouce sur une route déserte et de monter avec un inconnu… Il suffit d'un peu de désespoir et de beaucoup de temps…

Mon avis :

Si ce roman est une œuvre de jeunesse, on y retrouve tout de même toutes les qualités qui feront par la suite de George P.Pelecanos un grand auteur de roman noir. Cette façon de faire vivre plusieurs personnages, ces petits détails qui rendent une scène vivante, une intrigue simple au départ mais qui permet de creuser les thèmes chers à l’auteur (l’amitié, la loyauté, les relations père – fils, le destin irrévocable), sont tous les ingrédients qui vous feront passer un bon moment de littérature noire.

D’un casse de deux vendeurs d’alcool, George P.Pelecanos nous narre l’itinéraire d’un homme, Constantin, qui ne croit en rien, et qui erre pour trouver un sens à sa vie. On y trouvera des truands, une femme fatale et un sens de l’honneur qui aboutira à un final dramatique digne des meilleurs films hollywoodiens. Son écriture trèq imagée ainsi que son sens du découpage des scènes font de ce roman une des pierres fondatrices de l’œuvre de Georges P.Pelecanos. Si vous voulez découvrir cet auteur, ce roman est probablement à lire pour tomber amoureux de sa façon de construire ses romans et de nous emporter avec des personnages formidablement humains.

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Published by Pierre Faverolle - dans Oldies
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commentaires

La Petite Souris 06/05/2014 11:03

fichtre pour trois euros tu as passé ton chemin? tu es rude en affaire dis dont ! :) Bon moi Pelecanos j'ai du en lire un ou deux, mais j'avoue encore mal connaître cet auteur que tu affectionnes tout particulièrement. Amitiés

Pierre FAVEROLLE 07/05/2014 21:22

Tu vas me faire le plaisir de lire Un nommé Peter Karras, non mais ! Je suis en train d'acheter ceux qui me manquent et je vais attaquer ça sérieusement. Amitiés

Claude LE NOCHER 05/05/2014 05:45

@ Didier : vous avez probablement raison... en règle générale, j'essaie de suivre tôt un auteur qui apparaît prometteur... mais ça n'exclut pas d'éventuels ratages de ma part. Amitiés.

Pierre FAVEROLLE 05/05/2014 06:19

... et il n'est jamais trop tard pour se rattraper !
Amitiés

Vincent 04/05/2014 23:06

Je te remercie de ton attention qui me touche beaucoup, Pierre. J'ai lu ce livre il y a déjà fort longtemps, et je crois qu'il faudra que je m'y replonge dès que j'aurai un creux dans ma Pal. Je le verrai sûrement différemment, après avoir pas mal avancé dans son oeuvre dont il me faut encore lire le double portrait.
Amitiés.

Pierre FAVEROLLE 05/05/2014 06:19

Salut Vincent. Je vais en racheter deux, pour ma part, ce week end. Et pour Le double portrait, tu peux y aller, c'est un bon où il fouille la personnalité de Spero. Avis à suivre ... Amitiés

Denis 04/05/2014 21:26

Les premiers romans sont toujours importants à lire pour voir l'évolution d'un auteur.

Pierre FAVEROLLE 05/05/2014 06:17

Et on peut avoir des surprises, bonnes ou mauvaises. Là, tout y est, du style aux thèmes.

Didier 04/05/2014 20:53

Mr Claude vous avez raté le meilleur de Pelecanos, le début de sa carrière. Sur ces derniers écrits (enfin j'ai pas lu le dernier) j'ai le sentiment qu'il écrit pour la TV .

Pierre FAVEROLLE 05/05/2014 06:16

Ce n'est que partie remise ! Amitiés

gruz 04/05/2014 21:13

des fois on se mord les doigts à cause de quelques euros ;-)
Merci pour l'anecdote !
Amitiés mon gars

Pierre FAVEROLLE 04/05/2014 20:56

Je suis d'accord avec toi Didier. Mais les deux derniers laissent augurer un retour de maitre !

gruz 04/05/2014 20:42

Tu l'as lu dans sa version d'origine ? ;-)

Pierre FAVEROLLE 04/05/2014 20:55

Je l'ai lu dans la version Série noire, oui. J'ai une anecdote à propos de ce livre. Je ne connaissais pas du tout ce titre. Pour moi, Pelecanos débutait par King Suckerman. Dans un vide grenier, quand je l'ai vu, je n'ai pas hésité, pour 1 euro. Un peu plus loin, une femme vendait Nada de Manchette, mais à 3 euros. J'ai essayé de négocier mais elle n'a pas voulu. Donc je ne l'ai pas pris. Je cherche toujours Nada dans sa version Série noire édition d'origine ! Amitiés

Claude LE NOCHER 04/05/2014 20:08

Salut Pierre
J'avoue humblement avoir raté ce roman et, à vrai dire, le début de carrière de George P.Pelecanos. Si j'avais un peu de temps, j'y reviendrais probablement. Amitiés,

Pierre FAVEROLLE 04/05/2014 20:51

A travers cette rubrique, je voulais revenir sur des premiers romans, pour voir si on peut sentir le futur grand auteur. Bingo, même si ce n'est pas un très grand roman, c'est un super bon polar ! Du coup, le week end prochain, je vais probablement m'acheter ceux qui me manquent !
Amitiés

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