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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 18:21

Ce ne sont pas moins de six sorties qui vont débarquer en force dans vos librairies, trois grands formats et trois rééditions en format poche. Autant de raisons de se pencher sur ces romans qui promettent et font saliver. Et n’oubliez pas le principal, lisez !

L’information du mardi : Jigal revient en force

Tendre comme les pierres de Phiippe Georget :

Dans le village de Wadi Musa, près du célèbre site de Pétra, un vieil archéologue français est arrêté, accusé de pédophilie par la police jordanienne. Venu réaliser un documentaire sur son chantier de fouilles, Lionel Terras, journaliste parisien, irascible et désabusé, va avec Mélanie, l’adjointe du professeur, tenter de découvrir qui cherche à éliminer le vieil homme. Son enquête va le conduire dans le désert du Wadi Rum, sur la piste de l’âme des Bédouins et sur les traces du mythique Lawrence d’Arabie, à la poursuite de l’incroyable secret de Sharat-Aqem… Lionel trouvera-t-il sur la Desert Highway, les réponses à son propre chaos ? Car comme dit le proverbe arabe : « Si loin que portent nos pas, ils nous ramènent toujours à nous-mêmes. »

En trois romans, Philippe Georget a su conquérir un large public et remporter un franc succès – tant en France qu’à l’étranger – grâce à son style direct et à ses intrigues maîtrisées dans lesquelles chacun a la possibilité de trouver des résonances personnelles… Des histoires d’amour (qui ne finissent pas toujours si mal…), des romans noirs et touffus, une réflexion délicatement ciselée, des polars riches et exaltants tout en finesse et précision… D’autant que Philippe Georget a le sens aigu de l’éclectisme : les tueurs en série, le milieu de la boxe, la guerre d’Algérie ! Aujourd’hui, nous voilà embarqués dans un superbe roman d’aventure, à Pétra, dans le désert jordanien, sur les traces de Lawrence d’Arabie, à la recherche de Sharat-Aqem ! Le cadre (grandiose…), l'ambiance (surchauffée…), le contexte (politiquement sensible…), les personnages (avec de la chair, du cœur et des tripes, plus vrais que nature…), l'intrigue (rebondissante…). Tout concourt ici à faire un formidable roman : d'amour, de colère, d'innocence, de rencontres, de liens, de questions, d’incompréhension, de rancœurs, d'héritages culturels et de découvertes, de soi, des autres, des bédouins et du désert… Un grand moment de lecture / plaisir !

L’information du mardi : Jigal revient en force

Trois heures avant l’aube de Gilles Vincent :

Kamel, vingt et un ans, armé pour la guerre sainte, s’apprête à verser le sang de l’ennemi. Bientôt un jeune militaire est sauvagement assassiné dans les toilettes de la gare Saint-Charles à Marseille. Sabrina, trente-cinq ans de déprime et d’obsessions, claque la porte de son HLM de Valenciennes. Un peu plus tard, la complice du pédophile Jean-Marc Ducroix est égorgée en Belgique, aux portes d’un couvent. Grégor, trente ans d’usine, vient de se faire licencier sans autre formalité. Quelques jours après, à Pleucadeuc, le patron de l’entreprise est victime d’un enlèvement crapuleux… Entre peur, folie, rage et désespoir… Trois faits divers, trois parcours cabossés, trois vies brisées. Touchée de plein fouet, la commissaire Aïcha Sadia va, dans cette nouvelle enquête, basculer sous nos yeux, de la force à l'anéantissement.

« Il y a des choses qui, logiquement, ne devraient jamais être en rapport les unes avec les autres, tellement éloignées, tellement sans aucun lien… Mais Gilles Vincent – encore une fois! – nous surprend. » Passion Romans. Et c’est bien de cela qu’il s’agit ici : trois histoires plutôt embrouillées, trois vies plutôt tordues, trois trajectoires rectilignes et un point de fuite ou un point de chute, c’est selon… En lice, et à juste titre, dans de nombreux prix avec ses précédents romans, Djebel ou Beso de la muerte, Gilles Vincent récidive ici l’exploit de nous embarquer pieds et poings liés dans ce nouveau roman sans aucune possibilité de répit. On y prend goût, on y prend plaisir et on en redemande ! Les aficionados retrouveront la belle et charismatique commissaire Aïcha Sadia et son partenaire Sébastien Touraine… Mais ils y redécouvriront surtout le formidable savoir-faire d’un auteur de talent, d’un véritable conteur, capable de donner à ses personnages chairs et âmes, de nous faire ressentir leurs désirs et leurs effrois… De la tragédie, du sang et des larmes pour ce polar bien ficelé, et riche en rebondissements. « Gilles Vincent éclabousse le lecteur d’une myriade d’émotions fortes et vraies. » La Cause Littéraire.

L’information du mardi : Jigal revient en force

La traque de la musaraigne de Florent Couao-Zotti :

Quand Stéphane Néguirec, jeune Breton un brin rêveur, poète à ses heures, amoureux du large et des horizons lointains, débarque à Cotonou, au Bénin, il ne sait pas encore que question dépaysement, il va être servi ! Aux paysages enchanteurs qui l’électrisent, s’ajoutent les charmes des filles aux courbes délicieuses et notamment, ceux de la mystérieuse Déborah Palmer qui lui propose très vite un mariage blanc contre une fortune en billets verts. À l’autre bout de la ville, Jésus Light, un voyou ghanéen, traque sans relâche sa femme, Pamela, partie précipitamment avec le butin de son dernier casse… En temps normal, leurs chemins n’auraient jamais dû se croiser… Mais c’était sans compter sur cette bande de ravisseurs islamistes venus du Nigéria voisin à la recherche d’otages européens…

« Embarqué. À coups de bottes et de crosses dans les côtes. Embarqué. À coups de massue et de poings dans l’entrecuisse. Embarqué, embarqué corps et biens… Embarqué ! » Ça pourrait être le texte d’une chanson-manifeste scandé par Zao, sur un rythme infernal dans une boîte de Cotonou… C’est le nouveau roman de Couao-Zotti, avec Stéphane, le Breton égaré au Bénin, Déborah la mystérieuse séductrice, Jésus Light le truand, Déménageur l’homme de main aux épaules de… Cotonou, ses faubourgs à l’abandon sauvage et son peuple du fleuve… Ça ne se passe pas en mille neuf cent longtemps mais aujourd’hui et maintenant, sur fond géostratégique trouble, dans un décor sentant sévèrement la déglingue et la débrouille. Jouissif, intrépide, âpre et désespéré comme l’homme qui face à la misère est prêt à tout pour exister un jour de plus ! « L’auteur maîtrise à fond son art de la déambulation là où se nouent les rapports de force entre dominants et dominés, tradition et modernité, croyances et politiques. » Livres-Hebdo.

L’information du mardi : Jigal revient en force

Aimer et laisser mourir de Jacques-Olivier Bosco (Poche) :

On dit d’Amanda qu’elle est la femme de tous les hommes… On dit du Maudit qu’il a dormi dans le lit du diable… Entre eux deux, et face au monde de dingues qui les entoure, ça sera à la vie, à la mort… Partis délivrer la sœur d’Amanda séquestrée par un réseau de proxénètes de l’Est, ils vont s’unir, s’aimer, se combattre et affronter le mal absolu, celui que tous surnomment Le Boucher ! Des cartels de Bogotá aux sinistres fermes des environs de Zagreb, des palaces de la côte aux clubs VIP des beaux quartiers parisiens, l’amour sera passionnel, la guerre totale, l’épopée sanglante, les corps cabossés et les âmes meurtries…

Déjà quatre romans – Et la Mort se lèvera, Le Cramé, Loupo – et pour Bosco, c’est un festival de louanges ininterrompue : « remarquable... grosse claque... incantation... coup de poing... déflagration... adrénaline... violent... la poignée dans le coin... rythme énervé... polar noir... » Il nous revient ici en POCHE et en très grande forme avec Aimer et laisser mourir ! On y retrouve – avec un plaisir non dissimulé – le Maudit qui avait laissé une trace sanglante et indélébile sur son premier roman, ET LA MORT SE LÈVERA. Dans ce nouveau polar, on navigue entre Bogotá, ses cartels, son trafic de coke et ses tueurs à gage déjantés, la Croatie et un sordide trafic d’êtres humains – des femmes bien sûr –, Paris et ses caïds corses plus vrais que nature et peu enclins au dialogue, Amanda une call-girl qui n’a vraiment pas froid aux yeux, des proxénètes sanguinaires sans foi ni loi… et Lucas dit le Maudit. Un personnage hors du commun, pour une histoire qui ne l’est pas moins… une histoire très mouvementée et menée de main de maître ! Violente, insolente, décapante… mais si réaliste – comme une plongée du côté obscur de la force – qu’elle en devient effrayante. Une intrigue à la John Woo – on en prend plein la gueule – menée tambour battant, et dont personne ne peut sortir indemne… Du sang, de l’amour, de l’aventure… James Bond n’a qu’à bien se tenir ! Un livre envoûtant, à la tension quasi permanente, une intrigue nerveuse, musclée, une fin d’une noirceur infinie qui vous prend aux tripes et vous laissera séché, vidé et hagard au petit matin… Jouissif et percutant !

Mon avis est ici

L’information du mardi : Jigal revient en force

Sur nos cadavres, ils dansent le tango de Maurice Gouiran (poche) :

Vincent de Moulerin, notable marseillais et conseiller municipal, vient d’être abattu de quatre balles de 11.43 dans un parking souterrain du centre-ville. Emma, jeune lieutenant de police au look étrange se retrouve en charge de l’enquête sur ce meurtre apparemment crapuleux. Mais, suivant son instinct et les conseils de Clovis, elle décide de fouiner dans le passé de la victime… De Moulerin est en effet un ancien colonel des paras qui a fait le coup de feu en Indochine… Il y est devenu un expert reconnu de la guerre antisubversive, appliquée en Algérie et bientôt exportée et enseignée avec succès en Argentine. L’Argentine, où en 76 une clique de généraux prend le pouvoir, instaure la dictature et terrorise le peuple : enlèvements, disparitions et tortures sont alors le lot de tous les opposants réels ou supposés. Et puis il y a Kevin, le petit-fils de Vincent, un ado apparemment disjoncté, qui bien que vivant reclus dans sa chambre et passant sa vie dans Second Life est en train de comprendre beaucoup trop de choses… Mais quel rapport existe-t-il donc entre le Mondial Argentin de 78, l’École de Mécanique de Buenos Aires, Videla et sa junte, les bruits de bottes dans la Médina d’Alger, la Patagonie, les « desaparecidos », Kevin et Vincent de Moulerin… ?

Le génocide arménien, la guerre civile espagnole, les dérives mafieuses, les errances politiques, l’épuration de l’après-guerre, l’Indochine, la guerre d’Algérie, la spéculation immobilière outrancière, les créationnistes… Maurice GOUIRAN, imperturbable et citoyen, poursuit à travers ses romans un gigantesque travail sur la mémoire et surtout contre l’oubli. Dans chacun de ses romans, il aime tirer un fil de l’Histoire, le dérouler avec constance et dextérité, dévoiler, révéler, apporter un nouvel éclairage et faire en sorte qu’aucune chape de silence ne puisse recouvrir définitivement certaines exactions ! Sans haine ni discours superfétatoires mais avec l’impérieuse nécessité de dire, de mettre au jour et de faire en sorte que personne n’oublie JAMAIS… Aujourd’hui, dans ce nouveau roman, Maurice GOUIRAN nous entraîne avec ferveur du côté de l’Argentine, des atrocités commises par la dictature en 1976, des disparus, de la torture, des folles de la Place de Mai. ET, ce qui est peut-être nettement moins connu, il aborde ici le rôle, en service plus ou moins commandé, de certains militaires hexagonaux dans cette tragédie ! Inattendu, cruel et historique… avec l’immense intérêt, non pas de remplacer les livres d’histoire, mais bien au contraire de donner envie de les ouvrir… Dans ces époques troubles ou quand l’Histoire bégaie, il est toujours salvateur de poser quelques repères afin d’aiguiser nos sens… et de nous permettre de garder nos esprits en alerte permanente. INDISPENSABLE !

L’information du mardi : Jigal revient en force

Restez dans l’ombre de André Fortin (Poche) :

En 1943 Da Fonseca, un flic collabo au cœur trouble et desséché, sauve une gamine juive d’une rafle… En 2002, lorsqu’un vieil homme est retrouvé sauvagement assassiné dans une ruelle d’un quartier chic de la ville, c’est tout un pan de l’Histoire de Marseille qui va péniblement se dévoiler aux yeux des enquêteurs… Le juge Galtier, un habitué des cas difficiles, va remonter la piste et le temps, soulever la poussière, provoquer les confidences, entendre les témoins et rouvrir les dossiers particulièrement obscurs de certains personnages ayant su rester dans l’ombre et opportunément profiter de la guerre pour amasser une fortune considérable. Cinquante ans plus tard, les souvenirs sont parfois flous, mais la haine intacte…

Est-ce dans l’Histoire, dans la justice ou dans l’homme qu’il faut chercher le point de départ de ce roman ? Avec RESTEZ DANS L’OMBRE, le juge André Fortin poursuit un inlassable travail de questionnement sur la justice, qui nous permet – si on le désire – de ne pas prendre pour argent comptant n’importe quelle vérité. Le « héros » est ici un salopard, un collabo, aucun doute là-dessus. La victime, ses victimes, sont des jouets entre ses mains, ça ne fait aucun doute non plus et c’est insupportable ! Quant à l’Histoire… ici le décor, c’est la guerre, la souffrance des uns, la collaboration pour d’autres, le tout réuni en un véritable musée des horreurs donc. L’Histoire, l’homme, la justice… une trilogie sacrée qui, de par le monde, génère bien souvent chaos et confusion ! Mais ici tout vous prend à contre-pied : le salaud en est un, mais pas seulement, l’innocent ne le sera peut-être pas toujours… et la justice au milieu de tout ça cherche sa voie et surtout une vérité bonne à dire. Il arrive même parfois que plusieurs générations paient le prix fort pour une vérité que la justice n’a pas pu ou voulu révéler !

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Published by Pierre Faverolle - dans Info du mardi
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commentaires

gridou 12/03/2014 21:28

Wow! Un nouveau Philippe Georget?! Cool!! J'ai tellement de lectures en retard que je pourrais faire passer direct celui-ci sur le haut de la pile sans que ça se voie...J'ai suivi les conseils des blogo copains et investi dans Gouiran aussi, je l'attaque dès que j'ai fini Millard (idée piochée dans ton bilan 2013)
On dirait que Gridou reprend du service... :)

Pierre FAVEROLLE 13/03/2014 06:19

Gridou de retour ? excellente nouvelle ! Pour tout te dire, je commence le Georget ce matin ! Welcome back ! BIZ

Yv 28/02/2014 15:10

J'ai eu la grande chance de lire Le F. Couao-Zotti et le G. Vincent, excellents tous deux.

Pierre FAVEROLLE 28/02/2014 16:18

Pour ma part, je vais surement commencer par le Philippe Georget avant d'entamer ce nouveau polar beninois. Amitiés

Taylor 21/02/2014 11:53

Mais il y a l'air d'avoir du bon là dedans.

Pierre FAVEROLLE 21/02/2014 19:02

Alléchant !

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